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[LIVE REPORT] Ayo nous emmène dans son monde…

Avant 20h30, heure annoncée pour le début du concert d’Ayo, le théâtre Femina est déjà plein. C’est à une artiste talentueuse qu’a été attribuée la difficile tâche d’effectuer la première partie. Difficile certes, mais néanmoins pas insurmontable pour Hantcha, une artiste franco-malgache installée à Bordeaux depuis l’an 2000 : accompagnée d’une musicienne au cajon et cymbales, l’artiste dévoile au public une soul métissée, portée par une voix douce teintée par les sonorités du monde. Si avant d’arriver nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait pour cette première partie, nos oreilles sont comblées par toute la prestance et la puissance que dégagent Hantcha et sa musicienne. Cela ne fait aucun doute, le talent et l’humour de l’artiste font l’unanimité auprès du public bordelais ce mercredi soir. Si bien qu’à la fin de sa prestation, Hantcha remonte sur scène pour jouer deux autres morceaux. C’est donc une belle surprise pour nous mais surtout une belle découverte dont nous n’oublierons pas le nom de sitôt. Après une attente de près de vingt minutes depuis le départ de la douce Hantcha et un public de quarantenaires qui se fait de plus en plus impatient, la scène est à nouveau plongée dans le noir et retentit enfin la voix tant attendue d’Ayo.

 

Ayo, on ne la présente plus. Originaire d’Allemagne, née de parents roumain et nigérian, elle a su s’imposer sur le devant de la scène soul au début des années 2000. Menée par le producteur de Norah Jones, c’est avec l’album Gravity At Last qui sort en 2008 qu’elle a séduit des millions de personnes à travers le monde, tant par sa voix sublimement écorchée que par son univers soul indé. Entre Paris, New York et Berlin, la belle a sorti trois autres albums. Le dernier en date, Ayo, est celui qu’elle vient nous présenter sur scène. Munie de sa guitare, elle s’approche lentement du centre de la scène jusqu’au micro. Tout à coup, la lumière s’éteint. Lorsqu’elle se rallume, le public est tellement émerveillé de voir la chanteuse à la renommée internationale qu’il ne remarque presque pas l’entrée des quatre musiciens qui l’accompagnent. Le théâtre Femina, lieu majestueux et unique  de la culture à  Bordeaux, offre ce soir une scène au décor épuré : seuls quatre spots sur pied placés aux quatre coins de la scène sont installés.

La chanteuse débute le concert avec deux de ses nouveaux morceaux et la transition fait preuve d’une justesse et d’un accord remarquables entre Ayo et ses musiciens. Bien que les trente premières minutes du concert aient été assez longues, c’est lorsqu’elle s’adresse au public dans un français irréprochable que le charme opère premièrement. C’est un message d’amour, de paix entre les peuples et de tolérance envers les réfugiés et le genre humain en général qu’est venue nous délivrer Ayo ce soir. Cliché, mais on ne peut plus nécessaire, on ne peut plus vrai sortant de la bouche de cette artiste : le temps du concert, plongé dans l’univers doux et coloré d’Ayo, le public oublie qu’en dehors du théâtre où sa voix résonne, des familles syriennes logent la rue Sainte-Catherine non loin de là et que la dure réalité du monde actuel s’amplifie. Au travers de diverses adresses au public, la chanteuse réussit parfaitement à créer un lien avec lui qui perdurera jusqu’à la fin du concert. On se souviendra d’une anecdote en particulier contée pour illustrer l’histoire de la naissance de la chanson ‘Why’, concernant son fils tombé amoureux pour la première fois. C’est cette proximité avec ses auditeurs, son engagement, la sincérité et la simplicité avec lesquelles elle s’adresse à eux qui font le charme de cette artiste.

Plus le temps passe, et plus le public semble conquis, envoûté par la voix suave d’Ayo et les rythmes crées par les musiciens, à tel point que certaines personnes se lèvent des fauteuils en velours rouge pour danser, donnant l’impression que cette salle est presque trop petite pour accueillir toute l’énergie générée par l’osmose entre l’artiste et son public. Pour autant, l’acoustique du théâtre Femina est totalement adaptée à la soul. Mercredi soir, nous avons eu la preuve qu’Ayo est une artiste talentueuse mais aussi polyvalente : sur le morceau ‘All I Want’, un des couplets n’est pas chanté mais rappé, et on en vient à se demander “mais pourquoi Ayo ne rappe-t-elle pas plus souvent ?”.

En conclusion, c’est un cinquième album réussi qui nous a été donné de voir en live, un concert plus que réussi et une performance remarquable non seulement de la part d’Ayo mais aussi de ses musiciens exceptionnels. Tous nos remerciements au Rocher de Palmer.

Par Fanny Laurent et Mélina Diago.

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