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Techno, toujours pareil ?

La techno, parfois mal comprise, souvent méconnue, connaît son lot de clichés et d’idées reçues, parfois éloignés de la réalité. Son caractère « Underground », ne facilite pas sa connaissance auprès d’un public non expérimenté. Pour toi, qui te sens un peu perdu et qui voudrait démêler le vrai du faux, voici un petit récap’ des idées reçues les plus fréquentes, avec leur démystification.

« C’est que du boum boum »
Techno = Boum Boum, pour certains l’équation est simple, la techno, c’est toujours la même chose : c’est du bruit, c’est répétitif. Paradoxalement les personnes qui pensent cela ne sont pas forcément les plus renseignées sur le sujet, mais comment leur en vouloir quand le terme techno reste encore très flou dans l’opinion publique ?

La techno est de nature, répétitive, mais attention à ne pas confondre répétitif et simpliste, car si elle possède des beats répétitifs, la techno est l’un des genres musicaux le plus diversifié. De la minimale à l’ambient en passant par la house et l’acid… Tous ses sous-genres offrent une vaste palette de sonorités, de styles, de rythmes, tous marqués par son histoire et par ses évolutions. S’il y a bien quelque chose à retenir à propos de la techno, est qu’il y en a pour tous les goûts, encore faut-il avoir conscience de sa diversité.

Si tant de gens perçoivent la techno comme une musique bruyante, répétitive, c’est qu’il existe un réel manque de connaissances sur cette dernière, lui-même dû à un usage abusif du terme. Les musiques électroniques sont vastes et ses limites sont assez floues. Beaucoup de sons “boum boum” ne sont en réalité pas de la techno, qui sert aujourd’hui de « tiroir » à toutes sortes de musiques électroniques : dance music, dubstep, drum & bass…

La techno, une musique de drogués ?
Un préjugé très courant concerne sans surprises, la drogue. Passer une soirée à « taper du pied » sobre serait une prouesse, et la majorité des personnes présentes consommeraient ces substances.

Dire que rien ne circule et que personne ne se drogue serait bien entendu un mensonge, mais le problème ne vient pas vraiment de sa présence dans ces soirées. On ne vous apprend rien, c’est un fait, tous les milieux de la fête et de la nuit sont concernés par la drogue : boîtes de nuit, festivals, concerts, toutefois la techno est la plus stigmatisée, parfois à tort. L’usage récréatif de drogues dans les soirées techno et autres raves est beaucoup plus décomplexé, et donc beaucoup plus encadré, que ce soit par les fêtards qui peuvent veiller les uns sur les autres, ou encore des associations spécialisées, comme Techno+, qui renseignent et accompagne cette consommation, pour éviter les risques liés.

Cet accompagnement rapproché n’existe pas dans la plupart des boîtes ou festivals où l’on ferme plus facilement les yeux sur cette consommation qui est pourtant bien présente, et pas forcément dans des quantités moindres, d’ailleurs, la plupart des accidents liés aux drogues se produisent dans ces circonstances.

Dire que la techno a un public de drogués, c’est aussi oublier que depuis ses débuts, c’est l’un des genres à connaître une des plus grandes diversité. Diversité dans l’âge, l’origine, mais également la classe sociale. L’une des valeurs fondatrices du mouvement techno à ses débuts avec les pionniers Jeff Mills et Mike Banks,  était de “casser les murs qui nous séparent”, c’est encore le cas aujourd’hui.

Les Dj sont d’ailleurs les premiers à vouloir effacer cet aspect sombre du mouvement en le faisant découvrir à de nouveaux publics… Set pour enfants avec Laurent Garnier lors du festival Astropolis, démocratisation des cours de mix, diversification des événements…

« La techno n’a pas de message »

La techno n’a pas de voix, de paroles, pourtant elle a toujours porté un message et des valeurs fortes : revendication de la liberté, de la cohésion, mais aussi défiance de la censure. Depuis ses débuts, le mouvement est orienté pour une musique libre, engagée, anti-commerciale impulsée par le collectif « Underground Resistance », fondé par Jeff Mills, un des pionniers de la Techno à Détroit, qui prône la révolution par le son.
Mais la techno, ce n’est pas que de la résistance, c’est aussi un message d’évasion. Aucune frontière linguistique mais un voyage pour tous. Une bonne track techno doit pouvoir transmettre des émotions : qu’elle relaxe, soulage, ou livre à un état d’euphorie ou de transe, la bonne techno ne laisse pas indifférent.

La techno, à l’instar du rap et des autres genres issus « de la rue » possède un rôle social très important, Pourtant, aujourd’hui elle est en difficulté, et la non-reconnaissance de son caractère culturel met des bâtons dans les roues aux organisateurs d’événements : baisse des subventions de la part de l’Etat et des collectivités ou encore festivals et soirées annulés par les officiels. Il reste donc encore beaucoup de chemin à faire avant d’obtenir une reconnaissance solide auprès de l’opinion publique…

 

Envie d’en découvrir plus ? Viens donc faire un tour par ici : http://startitkbs.org/index.php/2017/10/29/playlist-36-tech-house/

Par Alexandra Letort.

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