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Coup de Projo #13 – Mais où est passé Breton?

Ou est passé Breton?

C’est la question que toutes les personnes ayant assisté aux débuts du groupe se posent depuis bien 2 ans. Car en plus de leur mystérieuse disparition, le groupe n’aura pas laissé beaucoup de traces de ses 4 ans de carrière.

Resituons le contexte.

Le collectif Breton (en hommage à André Breton, poète surréaliste français) se forme aux alentours de 2010 à Londres.

Car oui, avant d’être le groupe qui nous intéresse, Breton est un collectif  mêlant D.I.Y. ( Do It Yourself), multimédia, et expérimentation audio/visuelle.

Un collectif qui passe la plupart de son temps dans une ancienne banque abandonnée du Sud de Londres, servant de studio : le Lab, ou BretonLABS.

Sont ainsi créés plusieurs EP, des films indé, des remixs, des projets audiovisuels…ou un peu tout mélangé comme cette vidéo, associant musique et DIY.

Une musique déjà à l’image du futur groupe, changeant complètement d’atmosphère au bout de 3 min, sur fond de produits chimiques et de puces électroniques.

Assistant à la hausse de notoriété du groupe, le label Fat Cat Records leur propose assez rapidement un contrat, que le groupe n’hésitera pas à signer, en 2011.

On peut alors découvrir le véritable ADN de la joyeuse bande : de l’indie anglaise comme on l’aime.

Le groupe oscille en effet entre beats hip-hop, vagues électro et instruments rock, pouvant ainsi passer d’un style qu’on pourrait rapprocher de Foals, à un collectif électro indé aux sons undergrounds et imprévisibles.

Bref, groupe assez compliqué à analyser, mais une belle preuve qu’il est possible de tout, tout faire quand la passion est la.

Officiellement,le groupe performant sur scène est composé de 5 jeunes anglais :

  • Roman Rappak ( chanteur et guitariste )
  • Daniel Mcllveny ( bassiste )
  • Adam Ainger ( Batteur )
  • Ian Patterson ( MPC )
  • Alex Wadey ( Synthé )

Nous sommes en 2012, un an après le signature du groupe chez Fat Cat Records, quand sort un premier album de 11 titres, Other People’s Problems. On y retrouve alors un Breton toujours très expérimental, un environnement un peu creepy, mais déjà quelques pépites, qui seront mises en image un peu plus tard, comme Edward The Confessor.

Débute à la suite de ce premier album une tournée européenne, avec un passage aux Transmusicales de Rennes, première date française d’une longue série, (dont une date il y a 6 ans, sur notre cher IBoat).

Point marquant de l’histoire du groupe : en Mai 2013, le Lab, qui était évidemment un squat, est détruit. Le groupe, très touché par la disparition de ce lieu qui avait recueilli la plupart de leurs projets de début de carrière, s’exilera alors au Funkhaus a Berlin.

2014 arrive et la fin de notre enquête aussi.

La réputation du groupe n’est plus à faire, le public est au rendez vous, et les dates parisiennes toujours aussi nombreuses. C’est dans ce contexte que sort War Room Stories, un 2e album aux sonorités beaucoup plus pop et mélodieuses que Other People Problems. La ressemblance avec Foals est alors beaucoup plus nette, dans ce style électro/pop/rock.

L’album est unanimement acclamé par la critique. Difficile de choisir des pépites tellement toutes les chansons ont une atmosphère différente.

Plus sombre et électro, avec Got Well Soon :

Ou plus pop, avec Envy, conseillé à tout batteur à la recherche du groove idéal, qui sera notamment diffusé à la fin du Petit Journal de Canal +.

Tout cela achève de faire la réputation du groupe, et de remplir une grande tournée mondiale, puis spécialement européenne (avec, vous pouvez encore le voir, que de l’amour pour la France).

C’est ici que débute la fin :

27 Août 2015, Dernière activité de Breton sur sa page Facebook.

Depuis, plus rien…ou presque.

Fugacement en octobre 2015, la page Instagram reprend du service, en annonçant une prestation en b2b, en ouverture d’un concert de Rone.

Et nous voila en 2018… leur page Facebook n’a pas bougé. Même photo de couverture faisant la promo de la tournée européenne, et même photo de profil reprenant la couverture de l’album.

Les membres individuels du groupe sont encore actifs sur leurs comptes personnels, mais aucune mention au groupe n’est faite, et aucune réponse n’est apportée aux fans se permettant quelques questions.

A partir de Juin 2016 sortent plusieurs morceaux solos de Daniel Alexander, bassiste du groupe, tous avec seulement quelques milliers de vues, et…très déprimants il faut le dire. Ce dernier continue donc apparemment d’effectuer des concerts, et sa page Facebook reste active.

Mais que s’est il passé pour les autres membres du groupes entre 2015 et 2016, doit on attendre un autre album, un message d’explication un jour? Impossible de le savoir.

Un groupe qui s’annonçait comme extrêmement prometteur tant par son approche de la musique que par son univers ne se limitant pas justement à cette dite musique, a disparu des radars, d’un coup. Sans aucun message, aucun indice indiquant l’origine de cette décision.

La plupart des fans sont convaincus que le groupe s’est séparé, et ce serait l’explication la plus logique.

Mais pourquoi partir ainsi, sans laisser un seul message? Pour un artiste, c’est incompréhensible.

Et pour un fan, c’est se prendre une grande claque parfum désarroi, de voir un tel talent évaporé dans la nature.

En prenant de la hauteur et en faisant quelques recherches, on se rend cependant compte que certains indices, d’une forme de génie dramatique peut être, d’une certaine vision de la vie ça c’est sûr, laissaient entrevoir cette issue.

Je vous laisse donc avec les extraits…troublants, d’une interview livrée par le chanteur du groupe aux Inrocks, peu avant la sortie de leur dernier album.

“L’une des raisons pour lesquelles j’aime mon père, parce qu’il va mourir un jour et je ne pourrai plus jamais rien faire avec lui. Les choses sont appréciables parce qu’elles ont toujours une fin.”

“Une bonne métaphore serait les concerts : il y a un début et une fin, c’est tellement fugace… C’est ce qui réunit toutes les choses géniales dans la vie : elles sont fugaces et elles vont disparaître un jour.”

“Si des gens croient en une idée, alors l’idée et le projet qui va avec existent, ont une date de naissance et sûrement une date de mort programmée. Peut-être qu’avec ce disque, on va faire tout ce qu’on a toujours rêvé de faire. C’est peut-être notre dernier album, qui sait ?”

 

Par Matthieu Le Goff

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