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[LIVE REPORT] I Hate Models : Radicalement sensible

Lorsque nous arrivons sur le célèbre bateau qu’est l’IBOAT, embarqués une nouvelle fois par les flots enivrants de la fête, il na pas encore chaviré

Au fond de la cale, le parisien que lon ne présente plus, le visage à demi découvert à la manière des pionniers dUnderground Resistance, I Hate Models entre en scène.
La foule éparpillée se réunit autour de celui, qui comme le nom lindique, brise radicalement les codes. Sa techno à la croisée des chemins, saventure dans la multiplicité des styles en résistant toujours à la tentation facile dun set banal ou catalogué.
Une violence dans les tracks dIHM nous rappelle ses influences venues du rap, du métal ou du punk, toujours sous tendue dune délicatesse selon lui nécessaire. Comme si une techno industrielle ne pouvait se passer de nappes plus émouvantes, témoins de la sensibilité d’un homme qui ne doit jamais seffacer derrière un style ou des attentes.

Tandis que la température grimpe, nous montons jeter un coup d’œil au public sage du pont de lIboat. Pas vraiment surpris par le décalage musical flagrant, la jeunesse bordelaise entonne du Booba. Alors quI Hate Models se fait plus sombre, un amateur sûrement un peu fauché de lartiste tente de monter gratuitement à bord en funambule sur les cordes damarrageil tombera à l’eau, contrairement au DJ équilibriste, qui lui jongle, avec une maîtrise parfaite entre rave et EBM.

Les tracks s’enchaînent, les styles s’entremêlent. Le jeune producteur se démarque en proposant un set rempli d’émotions et de technique. Il semble que ce dernier soit rigoureusement armé pour conquérir une foule en quête d’oubli grâce à une sélection qui demeure aussi pointue qu’éclectique.

En d’autre termes, vivre un set d’I Hate Models c’est frissonner devant des vocales glaciales lancées par un beat EBM , être frappé par l’ardeur de lignes acides bouillonnantes. C’est aussi se révolter devant l’intensité d’un kick caractéristique d’une techno profonde et violente puis être saisi, voire attristé par la mélancolie de nappes introduisant une lueur d’espoir au milieu d’un univers ombrageux, froid et industriel.

C’est donc avec un set des plus surprenant qu’IHM nous montre une fois de plus que la techno peut être innovante mais surtout très riche en émotions.

La technique d’IHM s’observe également de par sa manière de mixer. Son expérience parle, la foule est captivée par un set dynamique qui se termine par une boucle de kick qu’IHM prend soin de raccourcir allant crescendo semant littéralement le chaos dans la cale.

Celui qui refuse régulièrement des interviews, nous laisse à notre propre intuition, définir sa musique est voué à l’échec, elle parle d’elle même à l’image dun philosophe comme Hume pour qui toute notre connaissance commence avec lexpérience.Vivez le set.

 C’est dans ce contexte qu’ABSL, deuxième représentant de la RAW agency, va se charger de clôturer cette soirée des plus troublantes. 

La pression redescend aussitôt. Le jeune producteur nous fait respirer en enchaînant sur une techno breakée s’inscrivant dans un univers plus industriel que son prédécesseur.

 La foule s’est quelque peu vidée depuis la fin du set d’IHM mais ABSL arrivera à maintenir les plus téméraires avec lui.

Beat saccadé, EBM acidulée, Dark electronic aux sonorités métalliques la sélection que semble avoir fait le talentueux DJ est tout aussi pointue et signifiante. On se décharge, on s’oublie devant la musique qu’il propose. On assiste littéralement à un closing plus radical et très rythmé, ce n’est pas pour nous déplaire.

Effectivement ABSL adopte une démarche plus directe en terminant son set par des tracks de rave anglaise comme “One Night In Hackney” de Dave the Drummer et Chris Liberator. On comprend la radicalité de son set lorsque certains membres de la foule se mettent à scander « fifteen cans of steel and we stay up until monday night ».

Par Bérenger Coquard et Lily Decorse

Crédits photos : IBOAT

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