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[LIVE REPORT] : Jazzy Bazz a capturé un moment d’éternité au Rocher de Palmer

Suite à la sortie de son deuxième album solo Nuit, il y a maintenant presque deux mois,  Jazzy Bazz s’installe aujourd’hui comme un artiste implanté dans le paysage du rap français avec un public de plus en plus grandissant. Avec son 3.14 BAND composé d’un batteur, d’un guitariste, d’un synthé/beatmaker et de son backer Esso Luxueux, le rappeur commence sa tournée dans toute la France en octobre. Et qui dit tournée, dit passage obligé à Bordeaux, également surnommée  “La ville de L’Entourage” par le collectif. Avec un premier album maîtrisé de A à Z et un deuxième considéré comme “classique” par ses pairs et par la critique, le passage du rappeur au Rocher de Palmer ce vendredi 2 novembre s’annonce être exceptionnel.

 

Le concert commence à 20h30 avec le collectif bordelais WL Crew en première partie, qui a finalement remplacé Nemir, initialement prévu. La salle n’est pas encore totalement remplie, mais le groupe a la chance d’avoir face à lui une grande fanbase qui connaît parfaitement ses sons. Le beatmaker, au doux nom de scène de Flam’N Kush s’impose comme un élément central du collectif. À base d’instrus dédiées au turn-up, il délivre une performance incroyable et une première partie de concert alléchante. Le collectif a la hargne, et n’hésite pas à chauffer le public, qui commence à enchaîner quelques pogos. Le WL Crew termine sur son dernier morceau “2019” et laisse un public bouillant prêt à accueillir Jazzy Bazz.

 

 

Aux alentours de 21h15, la musique propulsée par les enceintes du Rocher s’arrête : Jazzy Bazz va arriver sous peu. La foule se resserre, l’excitation se fait sentir dans la salle.

Le rappeur du 19ème arrive finalement sur scène et ouvre ce concert tant attendu par “Crépuscule, introduction de son deuxième album. Il enchaîne immédiatement avec le second morceau de Nuit, “El Presidente”. Le public est chaud, on comprend vite pourquoi tout le collectif, dont Jazzy fait partie, appelle Bordeaux “La ville de L’Entourage”.

 

 

Au fil de son concert, Jazzy Bazz oscille avec une grande aisance entre son premier et son second album, entre bangers et chansons mélancoliques. Il a su jouer à merveille sur les deux tableaux et n’a pas hésité à couper les morceaux plus lents en plein milieu pour éviter de perdre le public. Public qui lui a d’ailleurs bien rendu : attentifs, presque émus, les spectateurs ont été transportés par l’aura magnifique du rappeur parisien. Il n’hésite pas à prendre la guitare pour jouer le très poétique “Parfum” (toujours issu de Nuit), l’atmosphère est lourde tant le titre est évocateur : l’enfance perdue, la mélancolie d’un passé qu’on ne revivra jamais plus.

 

Le fait d’être accompagné du 3.14 BAND (au synthé, au beatmaking, à la guitare électrique et à la batterie) donne encore plus de résonnance aux morceaux. Les riff de guitare sinueux subliment la très puissante “Trompes de Fallope” (issue de P-Town) et rendent la chanson presque douloureuse tant la peine du rappeur est symbolisée par les accords électriques. Cet accompagnement sublime également “3h33” ou “Sentiments” et donne une profondeur supplémentaire à ces sons si spéciaux.

 

 

Quand il s’agit de banger, Jazzy Bazz n’est pas en reste. Et c’est cette adaptabilité qu’il faut avant tout saluer. Ne pas perdre le public lorsque le rythme du concert change est une prouesse que tous les artistes ne parviennent pas à réaliser. Quand le beatmaker lance les premières notes du très célèbre “Le Roseau”, le public entre en ébullition. Les gens s’emmêlent dans des pogos et chantent en coeur. S’enchaîne un solo d’Esso Luxueux (backer de Jazzy Bazz) qui délivre un couplet ultra égotrip donnant envie de le découvrir encore plus.

 

Le concert se termine à une vitesse folle, et on arrive déjà à “Éternité” (originellement en feat avec Nekfeu), annoncé comme dernier morceau. La foule explose aux premières notes du son, taillé comme un hit. Encore une fois, la scène et le public ne font plus qu’un.

Jazzy Bazz s’éclipse après avoir relancé son couplet.

 

Quelques minutes plus tard, il revient avec son classique “64 mesures de Spleen, qu’il rappe au milieu d’une foule en délire, complètement conquise par son dernier morceau, qui est un des titres phares du rappeur et qui montre tout son talent de lyriciste.

 

On aurait aimé que le concert dure jusqu’au petit matin, en se noyant avec Jazzy Bazz dans ses insomnies. Touchant par sa sincérité, l’artiste termine son concert par la dernière phrase de “Crépuscule: “Je remercie Dieu car je ne serais rien sans la musique”, sous les applaudissements retentissants de SON public. Ode à l’espoir, il encourage son public à vivre passionnément et à faire ce qu’il aime.

Finalement, est-ce que Nuit ne serait pas un véritable remède à la mélancolie, poussant chacun d’entre nous à ne garder que le positif de nos souvenirs passés ou tout du moins à prendre du recul sur notre propre existence ?

 

Axelle et Rémi

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