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[LIVE REPORT] L’animalerie & Droogz Brigade ont transformé la Salle des Fêtes en Zoo Urbain

Nous arrivons ce jeudi aux alentours de 20h30 à la Salle des Fêtes de Bordeaux Grand Parc – une salle que nous n’avions jamais visitée auparavant.

Pour le concert du collectif lyonnais l’Animalerie, les bordelais ont fait le déplacement : on voit dehors et à l’entrée une multitude de personnes, de tous âges et de tous horizons. Cette pluralité montre que le crew, actif depuis les années 2000, a su conquérir et devenir un collectif incontournable du rap français. Pour l’occasion, Oster Lapwass (producteur) et Lucio Bukowski (rappeur) – figures de proue du collectif – ainsi que Robse (rappeur), Kalan (rappeur), Nedelko (rappeur), Eddy Woogy (rappeur) ont fait le déplacement, accompagnés à la guitare par Baptiste Chambrion. Nous sommes impatients que les lyonnais fassent monter la pression et nous rendent fiévreux.

 

La première partie est orchestrée par le Droogz Brigade. Les toulousains sont plein d’énergie et chauffent la salle comme il le faut. Ils se donnent la réplique à coup de gros kicks qui rappellent une époque où le rap se voulait presque rock garage dans ses instrus. Une ambiance très chaleureuse et conviviale se dégage. Les phases fusent dans la salle des fêtes, Al’Tarba et ses acolytes se déchainent sur scène.

La Brigade toulousaine termine son passage pour laisser place aux lions enragés d’Oster Lapwass; la conjugaison des deux crews aux identités assez similaires devrait faire son petit effet.

Robse entame donc la deuxième partie de soirée accompagné de son capitaine derrière les platines. “Yannou” de son petit nom, bouteille de rhum à la main tel un vrai pirate, nous invite dans son zoo à bras ouverts. Les deux grands gamins ne cessent de se taquiner entre les morceaux, ce qui nous procure comme l’impression d’être invité dans leur tanière. Il ne manquerait plus qu’un bon vieux canap’, une table basse jonchée de canettes de bière et un cendrier rempli de mégots pour se croire au studio avec eux. Le kickeur entame Coeur d’Artichaut, issu du dernier projet d’Oster Lapwass, Pense-bête.

La foule apprécie énormément ce morceau d’une finesse infinie.

Place à la nouvelle recrue de la bande : Nedelko. C’est le baptême du feu pour le jeune rappeur, une certaine émotion se fait ressentir dans la salle. Le public est là pour le soutenir mais il ne semble pas faire l’unanimité. Le manque d’expérience est indéniable mais nous ne pouvons que lui souhaiter une bonne continuation, “Le chemin se fait en marchant” comme dirait un certain Antonio Machado.

Kalan prend ensuite le relais, casquette de trappeur en place sur sa tête, et kick avec beaucoup de fougue. Du côté du public, nous qui ventions sa pluralité, nous sommes assez déçus de voir que beaucoup discutent pendant les passages. Kalan, d’ailleurs, prend un malin plaisir à taquiner la foule. Il invite les spectateurs à faire du bruit, à montrer leur présence, il les invite à crier. Le public s’exécute. Et Kalan, insatisfait, nous lance un magique “Merci St-Étienne”. Venant d’un lyonnais, on comprend très vite son ironie.
Finalement, la foule – auparavant pas vraiment concernée – , devient de plus en plus actrice de la soirée.

Place à notre Bukowski national pour un instant bucolique. En le voyant arriver, la foule se déchaîne et l’applaudit sans cesse.  Lucio manie les mots avec aisance et n’hésite pas à jouer avec l’ingé lumière pour créer une atmosphère des plus planantes. Après quelques galéjades, l’obscurité envahit la salle et nous nous laissons bercer par les douces notes de Musique liquide pour oreille interne pour un moment en totale apesanteur. Lucio nous retourne complètement avec le mythique L’Art Raffiné de l’Ecchymose, et montre à quel point son lyricisme peut prendre aux tripes.

 

“J’ai trié mes rêves, étiré mes vers
Respiré l’éther, resquillé les pertes et maquillé les cernes
Le monde dans la paume, j’ai accusé l’atome
Sur fond d’Alain Bashung j’ai récusé la forme”

 

L’Art Raffiné de l’Ecchymose, Lucio Bukowski

 

Les lyonnais continuent d’effectuer quelques pirouettes lexicales, même Oster (initialement producteur) trouve le temps de nous faire tâter de sa plume.

La fin de la soirée approche à grands pas et les membres de Droogz Brigade se joignent à eux pour raviver la flamme et terminer en beauté.

 

En sortant de la salle, après qu’Oster et les autres membres du crew aient invité le public à continuer la soirée avec eux, nous sommes tout de même un peu déçus, mais surtout perplexes. Dans notre imaginaire, venant de l’Animalerie, nous nous attendions à une multitude de collaborations dignes du collectif qui, depuis les années 2000, fait de sa pluralité une force. Nous pensions passer la porte de la Salle des Fêtes et assister à une effervescence, un mélange de talents. Un concert de l’Animalerie nous évoquait le partage, la transmission. Nous pensions voir des rappeurs se donnant la réplique en totale communion : nous avons vécu tout le contraire.

Les membre du crew ont fait leur show un à un, comme nous l’avons présenté plus haut.

Volonté de mettre l’individu en lumière au sein d’un collectif ? Peut-être, et c’est honorable quand on voit la différence de notoriété entre les membres.  

Malheureusement, dans les faits, cet agencement nous a un peu perturbé : tous au sein de l’Animalerie ont leur style de prédilection et leur façon de rapper, et faire se produire les artistes un à un – au lieu de mettre en avant l’entité dans son intégralité pour créer un joyeux “bordel” – nous a déçu.

 

Malgré cet aspect, nous repartons contents et émus d’avoir vu L’Animalerie, collectif qui nous a considérablement fait aimer le rap et la poésie. Ils ont su donner de leur personne, avec une sincère humanité. On en attendait pas moins d’eux.

Mention spéciale également à la Salle des Fêtes Bordeaux Grand Parc et à son système son incroyable qui a su sublimer le talent des différents artistes présents sur scène ce jeudi.

 

Vincent & Axelle

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