Sniper, l’un des groupes les plus emblématiques du rap français de la fin des années 1990 et des années 2000 passait au Rocher de Palmer ce jeudi 13 décembre dans le cadre de leur tournée ”comeback”. Après 7 ans d’absence, TunisianoBlacko et Aketo sont enfin réunis pour scander leurs morceaux phares tels que “Gravé dans la roche”, “Brûle” ou encore “Empire” que le public amateur du groupe connaît sur le bout des doigts.

La première partie était assurée par Fhat.R, un rappeur d’origine bordelaise, suivi de Coelho, le rappeur nantais qui effectue toutes les premières parties de Sniper durant leur tournée.

∆∆∆

Il est 20h45 lorsque nous franchissons les portes du Rocher de Palmer et malheureusement la prestation de Fhat.R, ayant débuté 15 minutes plus tôt, est déjà sur le point de se terminer. Après concertation auprès du public, Fhat.R est parvenu à retranscrire ce qu’il a l’habitude de transmettre : un mélange entre new school et rap des 90’s avec un style énergique et une écriture instinctive. Très éclectique, le rappeur a su faire preuve d’habileté pour faire monter la chaleur au sein du public bordelais.

A ce moment du concert, nous remarquons que la salle se remplit au fil des minutes d’un public mixte très éclectique, mêlant jeunes adultes (18-25) et adultes plus aguerris (35-45), ce qui sera d’ailleurs salué par les artistes à la fin du concert.

Vers 21h, c’est au tour de Coelho de faire son entrée sur scène aux côtés de son batteur et de son musicien au synthé qui le back également. Le rappeur nantais enchaîne quelques sons en donnant de la voix sur des prods originales et inhabituelles mais appréciées du public. Coelho enchaîne ensuite sur le titre “Ciment” qui est présent sur son dernier album Vanités sorti le 26 octobre dernier. Le public bordelais semble réceptif à la prestation mais, en règle générale, il ne l’exprime pas corporellement et reste plus ou moins stoïque. Le rappeur tente alors de chauffer le public qui allume briquets, téléphones et flashs l’espace d’une chanson. Il est alors l’heure pour Coelho de passer le flambeau à Sniper en lui laissant un public impatient que la prestation du groupe débute enfin.

Il est 21h45 lorsque Tunisiano, Blacko et Aketo entrent sur scène devant de grandes lettres (S, N et I) en LED. La tension est alors palpable dans la foule et le show s’annonce explosif. Le trio débute avec des titres relativement connus et enchaîne sur “Le doigt où ça fait mal” qui enchante le public grâce à une parfaite maîtrise de la scénographie et le sentiment d’assister à un show unique.

En effet, l’installation scénique est bien plus qu’une décoration: des jeux de lumières esthétiques accompagnent chaque morceau de manière unique et le trio se sert des lettres pour faire vivre le concert au travers de jeux avec le public. À ce titre, Blacko a par exemple fait  une reprise du célèbre “One Love” de Bob Marley pour notre plus grand bonheur.

La majorité du public est d’ailleurs constituée de fervents fans du groupe qui connaissent les textes par coeur. Certains accompagnent les rappeurs pendant toute la durée des chansons, comme ce fut le cas sur “Sablier”, pendant laquelle une complicité incroyable se noue entre le trio et le public bordelais. Et le groupe ne lâche pas cette connivence qui atteint son apogée lors de la chanson Sans (re)Pères” et vient apporter une touche plus profonde et touchante au concert.

Entre les chansons, Blacko prend même la peine de s’adonner à de l’improvisation personnalisée pour son public, ce qu’il maîtrise d’ailleurs à la perfection à plusieurs moments du concert. Après des textes profonds et engagés comme ceux de “Empire”, Blacko mentionne la cause des gilets jaunes au cours d’une improvisation et obtient la vive adhésion de la quasi-totalité du public: les textes de Sniper restent toujours d’actualité et résonnent de sincérité.

Après avoir pu profiter de très nombreux classiques du groupe au cours du concert, nous nous doutons que le show est sur le point de se terminer. Notre intuition était la bonne mais heureusement, le live se termine en apothéose ! En effet, le groupe donne toute l’énergie qu’il lui reste pour la chanson que tout le monde attends, LE morceau phare de l’âge d’or du rap français : “Gravé dans la Roche”. Dès que les premières phases sortent, la foule se met instantanément en délire en chantant de vive voix les lyrics de ce son légendaire qui se termine par une dernière improvisation de Blacko.

Le trio nous salue ensuite et nous espérons tous un rappel qui ne vient malheureusement pas. Néanmoins, nous avons l’impression d’avoir vécu un show anthologique et le public repart conquis sur cette dernière chanson qui restera l’un des moments les plus emblématiques du concert. Cette soirée restera gravé dans nos têtes et, plus largement, gravé dans le Rocher!

 

Alexis & Lehna.