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[Interview] : La Jimonière, un collectif haut en couleur

Start It est allé à la rencontre d’un collectif haut en couleur bien connu des bordelais : La Jimonière.

Nous avons avec nous Jim et Antonin, deux membres fondateurs de l’association. Quand Jim est aux platines, Antonin est derrière la caméra pour garder une trace de leurs belles soirées. Zoom sur cette asso pas comme les autres.


  • Qu’est-ce que la Jimonière, depuis quand existez-vous, quel est votre concept ?

Jim : La Jimonière existe depuis trois ans, on organise des soirées sur Bordeaux au cours desquelles on donne une grande importance à la scéno. On essaie de faire jouer pas mal d’artistes issus de la scène bordelaise. Au tout début nous étions 10, depuis on s’est un peu dispersés entre les études sur Paris et ceux qui sont partis vivre à l’étranger (dédicace Kam et Raph). Maintenant il y a un noyau de cinq personnes avec Antonin, Jim, François (Valmont), Adrien et Sarah. On a commencé par faire des soirées en appartements bien décorés, puis on est passés dans des bars comme la Tencha ou l’Antidote.

Anto : On ne se définit pas simplement comme une asso qui organise des soirées, on essaie de développer un concept sur un thème en particulier, à base de mapping, de VJing, on fait appel à des groupes de musique mais aussi à des danseurs ou d’autres types d’artistes/performers. Même si on n’est officiellement plus que cinq il y a toujours les copains qui étaient déjà là au début qui viennent nous aider.

  • Alors ils ressemblent à quoi vos évènements ?

Anto : Par exemple une de nos dernières soirées a eu lieu à La Voute, c’était la Jimocul. Comme il est facile de le deviner le thème était « cul ». On a fait un partenariat avec les imprimés coquins, on a invité l’artiste Aya, (musicienne électro qui chante), Coco Lala, qui nous a fait un superbe show d’effeuillage et les Dolla Dolls, une troupe de danseurs queer.

  • Comment vous trouvez ces intervenants ?

Jim : Par le réseau, les potes, et puis on cherche aussi de notre côté des artistes qui font des choses originales.

  • Comment vous élaborez les thèmes de vos soirées ?

Jim : Pour la Jimocul on voulait faire ce thème depuis un moment, et à terme on voudrait que ce soit une soirée qui revienne assez souvent. Après on essaie de créer des soirées auxquelles on aimerait participer nous-même. On aime bien le thème de la jungle parce que c’est l’un des premiers qu’on a faits et qui représente notre état d’esprit.

  • On remarque que vous avez atteint un nouveau level depuis environ un an, comment vous l’expliquez ?

Jim : Notre réseau a pu aider à ce décollage, on est assez proches de la Rock School par exemple. En trois ans on a pu acquérir pas mal de matériel de scénographie, et on peut organiser nos soirées de A à Z par nous-même. C’est arrivé pas mal de fois qu’on intervienne sur d’autres soirées pour réaliser uniquement la scénographie. Aujourd’hui on peut tout faire, de la déco à la programmation.

Anto : On a mis un peu de temps à pouvoir être autonomes sur la programmation parce que la majorité de notre budget était utilisé pour la scénographie, qui coûte assez cher parce que même si on réutilise du matos il faut souvent le réparer ou le renouveler.

Jim : On bricole pas mal, on a construit une borne d’arcade qui est souvent là à nos soirées par exemple. On est assez fiers car on a pu faire notre première vraie soirée en club à l’IBOAT il y quelques semaines et ça s’est vraiment bien passé.

  • Comment vous est venue l’idée de mettre l’accent sur la scéno ?

Anto : Lorsqu’on était en appart on aimait bien les transformer, leur donner un tout autre aspect pour vraiment plonger les gens dans l’ambiance de la soirée. Par la suite on s’est pas mal inspirés de ce qui pouvait se faire à l’étranger, comme à Amsterdam ou à Barcelone par exemple, où les soirées sont souvent beaucoup plus immersives qu’en France.

  • Où trouvez-vous toute cette scéno ?

Jim : On chine à droite à gauche, on fait des vides-maisons, de la récup, Emmaüs est notre magasin préféré, et puis à force on s’est créé un petit réseau de fournisseurs.

Anto : Ah ça oui, on fait marcher les petits commerçants de déguisements bordelais.

  • En parlant de vie nocturne, quel est votre avis sur les soirées bordelaises qui existent actuellement ?

Jim : Y’a du bon et du mauvais, comme toujours, mais on remarque que ces derniers temps de plus en plus de collectifs essaient de proposer des soirées qui sortent de l’ordinaire. Les Open Air marchent pas mal en été, mais bon ce n’est pas pour rien que Bordeaux s’appelle « la Belle Endormie » … Avec la Jimonière on a une vraie volonté de faire partie de la vague qui est en train d’essayer de réveiller la ville de ce sommeil de plomb.

Anto : C’est sûr que sur Bordeaux c’est une vraie problématique de proposer des soirées. Il y a un vrai manque de lieu, et peu de choix en termes de clubs. Si on compare avec Toulouse par exemple, il y a le Bikini qui a un super système son et une jauge plus adaptée à recevoir des grosses têtes d’affiche. Ici les lieux sont plus petits en termes de capacité, donc forcément il est plus difficile de ramener les gros noms. D’où le fait que pas mal de soirées soient organisées en semaine pour obtenir les artistes à moindre coût.
Malgré tout ça la vie nocturne évolue dans le bon sens !

  • C’est vrai qu’il y a de plus en plus de collectifs sur Bordeaux, mais vous êtes les seuls à proposer des soirées aussi hautes en couleurs. C’est un point d’orgue que vous mettez à chaque soirée d’aller à fond dans le thème et l’esprit de la soirée ?

Jim : L’asso s’est créée un lendemain de soirée où les hommes étaient habillés en femme et vice versa, ça nous a vraiment donné envie de jouer sur les l’incarnation du thème de nos soirées. On a créé les personnages DJs de Jimon et Valmont, on se déguise à chaque soirée, on aime faire la fête et ne pas se prendre la tête. C’est important pour nous que l’aspect visuel soit bien travaillé.

  • D’un point de vue plus global, que pensez-vous du fait qu’aujourd’hui les soirées soient de plus en plus immersives, les concerts presque en 4D, avec des lightshows, des mappings, des animations dans tous les sens ?

Jim : Je pense que ça va ensemble, aujourd’hui il y a énormément de DJs et de collectifs, alors pour se démarquer on aime allier le son avec le visuel. On ne pense pas révolutionner le milieu on s’inspire surtout de ce qu’on aime.

Anto : Sur Bordeaux, comme il existe peu de lieux différents, le fait de transformer complètement un endroit, ça permet de rendre la soirée beaucoup plus attractive et de surprendre les gens dans leurs habitudes. On aime jouer là-dessus.

  • Est-ce que ça voudrait dire que les artistes ne sont plus vraiment capables de ramener les gens seulement pour leur musique et qu’il faut toujours être distrait pour passer une bonne soirée ?

Anto : Bien sûr, un très bon DJ va toujours ramener du monde et te faire danser jusqu’au bout de la nuit, mais c’est sûr que si la scéno est travaillée ça constitue un vrai plus. Je ne pense pas que ça mette la musique au second pan, au contraire, ça la pousse encore plus loin.

Certains prennent des psychotropes pour vivre de nouvelles expériences, et bien nous on essaie de le faire via la scénographie et des visuels travaillés. On veut aider le spectateur à rentrer dans la soirée, à se lâcher sur la piste.

  • Votre dernière soirée a super bien marché, vous pourriez nous dévoiler votre recette secrète ?

Anto : Tout d’abord on a pu avoir une super tête d’affiche (Bwi-Bwi), qui est du même label que Khalkqu’on avait fait venir à une soirée avec Kiddy Smile. Au niveau local on a programmé Noke et Obsimo, qui pour moi avant d’être des amis, sont l’avenir de la scène electro bordelaise. Puis les Dolla Dolls sont revenu assurer le show !

Jim : C’est le thème jungle où on sait qu’on peut vraiment se lâcher et aller loin, avec cette fois un jeu de lumière noir. On a offert pleins de masques d’animaux et de bouées gonflables, les gens ont pu repartir avec leur petit souvenir de la Jimonère !

  • Vous avez d’autres projets sur le long terme ?

Anto : C’est un peu comme le permis, tant que rien n’est sûr on ne veut pas trop en parler (rires).Mais on aime beaucoup les festivals, on a déjà pu faire l’Effet Papillon où on a pu investir tout un lieu. C’était ouf, on aimerait vraiment continuer à faire ce genre de choses.

Jim : Notre ambition pour 2019 c’est de faire un peu moins de dates mais d’aller encore plus loin dans les thèmes, de pousser la scéno à son apogée, de travailler sur la programmation pour proposer quelque chose de super qualitatif sur tous les aspects !

Joséphine

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