Depuis quelques années on assiste à un curieux phénomène au coeur des stations de ski françaises : le développement des festivals electro/techno. On pense tout de suite à Tomorrowland Winter, mais également à Garosnow ou encore l’un des pionniers Horizon. Si certains de ces festivals sont bien implantés depuis de nombreuses années comme Horizon, ce n’est que le début d’une longue histoire pour le festival Hibernation qui fête cette année son 3ème anniversaire.

Né de l’esprit de copains Toulousains, passionnés de musique et de glisse, Hibernation compte bien devenir une référence dans la niche des festivals montagnards. Pour cette 3ème année de fête au coeur de la plus grande station des Pyrénées, de jolis noms sont à l’affiche oscillant entre grands noms de la techno et scène locale.


Récit de 2 jours de fête dans les pyrénées :

Il est 17h lorsque nous arrivons à la station Grandvalvira en ce vendredi 29 mars. Cela fait déjà un moment que nous apercevons les montagnes au loin et nous n’avons qu’une hâte : enfiler notre plus beau manteau de ski pour partir à la conquête d’un week-end qui s’annonce très prometteur.

En même temps ce ne sont pas les noms qui manquent pour nous faire rêver : Agoria, Nastia, Len Faki, Âme

À peine le temps de s’installer et de profiter d’une petite virée andorrane, qu’il est déjà 20h : heure d’ouverture de la Main Stage.

Dès notre arrivée sur le site nous sommes réchauffés par de grands feux de bois : un détail peut-être anodin mais un confort non négligeable par les -3° ambiants.

La Main Stage est abritée sous une tente géante bien isolée du froid pour accueillir la foule de festivaliers.  

A l’intérieur, la première chose que l’on remarque est la scénographie. Rien n’a été laissé au hasard : jeux de lumières, décoration, shows de lasers dignes des plus gros festivals techno, tout est enclin à jeter de l’huile sur les braises brûlantes produites par Marco Faraone, aux platines à notre arrivée. Après un rapide passage au vestiaire – bien staffé pour écumer la montagne de manteaux de ski en approche – nous filons sans plus tarder vers le devant de la scène.

Marco Faraone n’en est pas à son coup d’essai, ça se sent. Enchaînant des tracks plus entraînantes les unes que les autres, skiant sur tous les styles, acid, techno indus, la scène s’illumine et s’intensifie crescendo à mesure que la salle se remplit. A la fin du set, nous sortons prendre des forces sur l’un des stands placés à l’entrée du festival car la soirée s’annonce, dès le premier soir, à l’épreuve de nos jambes !

De retour à l’intérieur, la brume des canons à fumée s’est épaissit et enveloppe la salle dans une ambiance des plus mystique. Ou peut-être est-ce l’arrivée de Nastia sur scène ?

En effet, la jeune DJ Ukrainienne nous propose un set largement au niveau de sa mémorable performance au Time Warp : viscéral, minimal, parfois mélancolique, impossible de détourner le regard de la scène tant l’énergie qu’elle emploie en émane. Le temps passe presque trop vite et elle laisse désormais sa place à Len Faki.

Jour 2 : Rdv sur les sommets

Après un réveil matinal suivi de quelques descentes de pistes, direction l’Igloo stage où Teho mixe par un soleil des plus radieux. Les skieurs intrigués se rapprochent de la scène et nombreux sont les fêtards qui troquent leurs chaussures de ski contre leurs baskets pour aller danser devant le DJ.

On assiste à un set plein d’énergie et d’émotion pour un artiste qui nous propose des sons très mélodiques. L’artiste préfère le live au DJ Set et nous propose une belle performance progressive house accompagné de ses fidèles instruments de musique.

20h : les derniers rayons de soleil disparus, retour à la Main Stage.

Après avoir fait son retour en janvier avec You’re not Alone, le lyonnais Agoria ouvre les festivités de cette 2ème soirée.

Avec un set très mélodique, riche de sons type progressive house/techno, il marie sans peine percussions africaines, mélodies envoûtantes et techno abrupte, tout cela avec une précision chirurgicale, nous permettant d’apprécier une diversité musicale qui nous rappelle que nous avons affaire à un vétéran de la scène.

Décidément l’ambiance montagnarde semble se prêter à la track Noise de Denis Horvat puisque Agoria, tout comme Adriatique à l’Alpes d’Huez, choisira de passer la track de Denis Horvat aux alentours de 23h.

L’euphorisme grimpant du public accompagne l’entrée en scène d’Henrick Schwarz. Nous assistons à une performance deep house avec quelques sonorités acid par le troisième membre du projet A Critical Mass, partagé avec le duo Âme, qui ne tarde pas à prendre la suite.

Nous clôturons donc ce festival avec Âme. Bien que les deux DJ se soient succédés, c’est surtout Kristian, au charisme discernable les yeux fermés, qui retourne littéralement la Main Stage pour un dernier set incandescent.

Âme nous offre un plongeon dans les abysses de la techno, avec des sons mélodiques et très rythmés type afrobeat pour faire des transitions, des sons très Acid, en enchaînant, notamment en deuxième partie de set, avec des sons plus mélodiques, le tout magnifié par un show lumineux, mettant ainsi tous nos sens à l’œuvre. D’une manière générale le set était très sombre et même à 5h, le public n’était pas prêt à lâcher la piste. Le duo aurait pu continuer jusqu’au petit matin sans sourcilier et ce n’est qu’une demi-heure plus tard, sous les applaudissements tonitruants et les demandes de “Encore” répétées que la salle se ralluma.

Hibernation : un concept original et déjà bien maÎtrisé

L’air montagnard s’associant  bien avec la froideur de la techno, nous avons passé un excellent week-end. Pour des fans de sports d’hiver et de musique c’est un peu un rêve qui devient réalité.

L’organisation d’un festival dans les montagnes n’a rien d’anodin et implique un travail considérable, qu’a su réaliser à merveille l’équipe d’Hibernation. Et pour une 3ème édition, on ne peut que les féliciter du résultat !

 

Alexandra Letort & Gabriel Squarcioni