Aujourd’hui portée par RK ou encore Koba la D, la nouvelle génération commence à s’imposer dans le game. Aujourd’hui, nous allons parler d’un de ces rookies du rap français : Luv Resval.

Comme de nombreux rappeurs en ce moment, Luv Resval vient du 91 et plus précisément de Mennecy à côté d’Ivry. Comme la plupart des rappeurs de son département (Niska, Koba la D, Zola), Luv Resval propose des sons très trap même s’il utilise l’autotune avec une grande justesse pour chanter. Conscient de cela, il se considère lui-même comme un rappeur polyvalent et veut s’essayer à tous les styles de rap.

La réalisation la plus importante de sa carrière reste sa série de freestyle « ¥ ». C’est ce qui lui a permis de se créer une identité et un personnage en tant que rappeur. En effet, en proposant une série de 10 freestyles clipés et tournés dans sa ville, Luv Resval nous montre son quotidien et sa manière de vivre. On constate d’ailleurs que la personnalité de Luv Resval en tant que rappeur est assez éloigné de ce qui se fait ailleurs dans le 91. Là où on peut voir un Koba la D ou un Zola ne parler que de trafic de drogue, Luv Resval est plus porté sur l’autodestruction. C’est le thème récurrent de sa série de freestyles. Pour le rappeur, cela semble être une fierté ou en tout cas quelque chose qu’il veut mettre en avant. Les allusions à la défonce et à la codéine sont nombreuses et comme chez certains rappeurs américains, on sent qu’il y a une volonté de se faire du mal. Plus que du côté des trappeurs plus « swagg », le rap de Luv Resval puise son inspiration dans l’émo rap des années 2010. En ce qui concerne les cadences et les flows, il reste, toutefois, très influencé par les rappeurs d’Atlanta.

C’est d’ailleurs peu surprenant au vu de ces influences. Lorsqu’on lui demande quels sont ces rappeurs favoris, il répond Young Thug et Lil Uzi Vert deux personnages qui incarnent l’emo rap mais aussi l’autodestruction que ce soit avec la codéine pour Young Thug (il a failli mourir d’overdose) ou bien avec le satanisme pour Lil Uzi Vert. On sent chez Luv Resval, l’envie de reprendre l’irrévérence de ces deux rappeurs à son compte dans ces clips avec des effets inspirés ce qu’ils font aussi. Que ce soit dans les couleurs employées, dans la manière de s’habiller ou bien encore dans les effets kaléidoscopiques pour rappeler les effets d’un trip. Pour englober tout cela, Luv Resval utilise souvent le personnage de FaustMéphistophélès un démon qui a pour charge d’accompagner et collecter les âmes damnées après qu’elles aient contracté un pacte avec le diable.

A la suite de cette série de freestyle, Luv Resval est approché par DJ Kore et signe sur le label AWA GANG, c’est aussi à ce moment-là qu’il rencontre Alkapote, avec qui, il forme un étonnant binôme. Après plusieurs featuring et une tournée avec L’Empereur, il semblerait que ce dernier l’ait adoubé comme son padawan. Avec déjà, un peu connu, mais très bon projet en commun Mariah, cette collaboration s’annonce très prometteuse pour Luv Resval qui s’améliore grandement au côté d’Alkapote au niveau des rimes et des lyrics. On voit même germer dans son personnage quelque chose qui n’existait avant : l’humour. Toutes les influences que nous évoquons se retrouvent dans son dernier titre Célébration : autodestruction, humour, Luv Resval manie tout cela avec facilité et propose des flows cadencés et rapides dont il a secret.

De belles promesses en somme qui devraient se traduire bientôt par un album comme le laisse entendre le jeune Luv Resval dans sa seule et très courte interview.

Enjoy & Stay Tuned.

Simon