À l’occasion de son passage au Dour festival, nous avons rencontré CloZee afin d’en savoir un peu plus à propos de sa musique, de sa carrière et de ses inspirations. L’artiste toulousaine parcourt le monde depuis quelques années avec ses productions aux sonorités électros ethniques inspirées du Glitch-hop, du Dubstep ou encore de la Trap.

Pour commencer, comment définirais-tu ton style de musique ?

CloZee : Alors c’est toujours une question très compliquée parce que ça va un peu dans tous les sens. Généralement je dis World Bass, parce que c’est un mélange de musique du monde avec de la Bass Music et Bass Music qui peut être plus Trap, parfois c’est plus Glitch Hop. Parfois ce sont plus les influences Dubstep donc voilà je garde ce mot général mais après je laisse les gens se faire leur propre idée, leur propre nom.

 

Quelles sont tes inspirations ? Les artistes qui t’ont marqué ?

CloZee : En termes d’inspirations : tout, mais particulièrement les choses que je vis, les voyages, des rencontres, des moments en festival, c’est très varié. Je m’inspire de toutes les aventures que j’ai pu avoir. Ensuite, parmi les artistes qui m’ont influencée il y a The Glitch Mob, edIT en particulier, Bonobo, Amon Tobin. Il y en a énormément mais je dirais que ce sont vraiment les principaux.

 

Est-ce qu’il y a un voyage en particulier qui t’a marqué ? Qui t’a inspiré pour ta musique ?

CloZee : Oui, le Japon, le Costa Rica et même tourner aux Etats-Unis et découvrir tellement d’artistes différents, de petits artistes émergents ça m’a beaucoup inspiré. Il y a Hawaii aussi, même si c’est encore les Etats-Unis ça reste quand même particulier pour les paysages. Après toujours l’Espagne mine de rien il y a des petits endroits très inspirants.

 

Tu peux t’inspirer de paysages pour créer un morceau ?

CloZee : Oui carrément ! Par exemple j’ai un morceau qui s’appelle “Winter Is Coming” qui va sortir, petit clin d’œil à la fin de Game Of Thrones forcément et du coup dans ma tête j’étais en mode épique, je voyais des montagnes, des rides de ski. Donc oui c’est exactement ça, j’essaie de retranscrire ce que je vois et ressent dans mes morceaux et même en vidéo pour essayer de montrer ce qui se passe dans ma tête même si des fois c’est pas facile.

 

Ta première date c’était comment ?

CloZee : Stressant ! C’était une petite boite à Toulouse, j’ai joué du Dubstep pour avoir ma première date parce que c’est ce qui marchait à l’époque, même si j’adore le Dubstep, mais c’était surtout parce que je voulais jouer ma musique avant tout et que les gens voulaient du Dubstep, les promoteurs et les organisateurs. Du coup je leur ai dit que j’étais une DJette Dubstep et puis c’est comme ça que j’ai commencé. Après au fur et à mesure, j’avais de plus en plus de dates, j’ai essayé d’incorporer plus de Glitch Hop et de mes tracks et c’est comme ça que je suis devenue un peu plus unique dans la scène toulousaine, parce qu’il y en avait peu qui jouait du Glitch Hop ou ses propres morceaux.

 

D’où vient ton nom de scène ?

CloZee : C’est un surnom, ma tante m’appelait Clozé parce que mon prénom c’est Chloé et je ne sais pas pourquoi elle a rajouté un petit ‘’z’’. Je trouvais ça chouette et à l’écrit je ne voulais pas mettre qu’un seul ‘’e’’ parce que ça faisait Cloze donc j’ai mis deux ‘’e’’ je trouvais ça plus jolie.

 

Quel est ton ressenti par rapport à ton concert d’hier ?

CloZee : Franchement c’était super, je ne savais pas trop à quoi m’attendre parce que forcément clôturer une scène, surtout la Boombox à 2h45 du matin après Gramatik qui a envoyé du lourd sachant qu’il y a du lourd aussi à côté, tu sais que les gens ne sont pas aussi frais qu’avant je me suis dit : est ce qu’ils vont quand même venir ? Est ce qu’ils ne vont pas s’ennuyer ? Parce que c’est quand même plus lent, plus mental que la majorité de ce qui va passer à cette heure là donc je savais pas du tout à quoi m’attendre et finalement c’était super chouette. Très bonne ambiance, donc franchement c’était une super soirée, j’ai tout donné à la fin, je me suis couchée heureuse.

 

Tu es française, pourtant tu tournes beaucoup plus aux Etats-Unis qu’en France, tu as fait Coachella cette année, c’était comment ?

CloZee : C’était chouette, totalement différent ce n’est pas la même population du tout.

 

Tu avais déjà fait beaucoup de dates aux Etats-Unis ?

CloZee : Oui puisque ça fait depuis fin 2014 que j’ai commencé à y tourner et c’est là que j’ai pratiquement tourné le plus. J’ai fait beaucoup plus de show aux Etats-Unis qu’en France. C’est super chouette de pouvoir m’exprimer là-bas parce que je me reconnais vraiment dans la scène musicale, il y a des artistes que j’admire énormément qui viennent des Etats-Unis et que je revois en festival donc c’est vraiment extraordinaire. J’ai joué avant Bonobo ou The Glitch Mob, des gens que j’admire depuis que j’ai commencé, c’est assez surréaliste, juste de les rencontrer ou qu’ils viennent me voir pour me dire qu’ils aiment bien ce que je fais c’est hallucinant, jamais je n’aurai pensé que ça arriverai. Donc oui je suis vraiment contente que les Etats-Unis soient là parce que j’ai été vraiment inspirée par la scène musicale de ce pays.

 

Comment expliquer le fait que tu aies plus de succès là-bas qu’en France ?

CloZee : C’est le style musical en lui même qui est un peu plus développé là-bas, le côté un peu world qu’ils aiment beaucoup.

 

On est venu te chercher ou c’est toi qui as fait la démarche d’y aller ?

CloZee : En fait j’ai sorti mes EP sur un label texan qui s’appelle Gravitas Recordings donc forcement la diffusion de la musique se fait un peu plus aux Etats-Unis, du coup ma fan base est devenue assez américaine. Mais après c’est aussi grâce aux tournées que je me suis fait connaître. Avant de partir là-bas j’avais une vision assez précise, je voyais des festivals comme Red Rocks, Electric Forest, Shambhala festival au Canada, je me disais la vibe a l’air géniale on dirait des festivals Trance avec des visu Trance mais c’est de la Bass Music et c’est génial parce que j’ai fini par m’y produire.

 

Qu’est-ce que tu penses de la scène électro française ?

CloZee : J’ai beaucoup d’admiration pour tout ce qui est scénographie VJing Par exemple Møme qui vient avec sa scénographie ou Etienne de Crécy, ils font vraiment quelque chose de qualité, ou même Chinese Man c’est pareil, très bien ficelé.

 

Tu as eu de bons retours sur ton album Évasion ?

CloZee : Oui, les morceaux marchent bien en live, en vidéo aussi, les gens s’évadent, ça fait plaisir. C’était le but vu le nom de l’album *rires*.

 

Quels sont tes projets futurs ?

CloZee : La création d’un nouvel album que j’aimerais sortir mi 2020 ensuite je vais vivre aux Etats-Unis donc il y a quelques trucs qui vont changer et puis essayer de construire un show, une expérience audiovisuelle, agrandir le projet.

 

Pour finir, un morceau que tu écoutes en ce moment ?

CloZee : Decap – YEAH

Merci beaucoup CloZee pour cette interview !

Enjoy & Stay Tuned.

Julian Couchourel et Elisa Sipp