Nous sommes le 20 Juillet, la canicule bat son plein, et la multinationale Live Nation installe ce qui sera bientôt le théâtre d’un des plus grands festivals français sur l’hippodrome de Longchamp.
Au programme : deux Main Stages, une scène Électro sous un dôme géant, une scène « alternative » à priori déjà plus grande que celles de nombreux festivals et enfin plusieurs petites installations, notamment installées par Green Room ou Coca-Cola. Le tout pour un nombre hallucinant d’artistes, tous plus réputés les uns que les autres.

I – Une édition hors normes qui n’a rien à envier aux plus grands événements français.

Il est tout d’abord bon de rappeler que ce festival se veut absolument éclectique. En effet, grâce à son grand nombre de scènes, il y en a eu pour absolument tous les goûts. Du Rock à l’ancienne à la Bass Music la plus violente, en passant par des grands noms du Rap. N’importe qui pouvait s’y retrouver et passer 2 jours d’exceptions.

Anatomie du festival : la multitude scènes exploitant parfaitement la grande superficie de l’hippodrome. Tout d’abord, il y a les deux scènes « principales », accueillant les artistes les plus connus du grand public (Romeo Elvis, 21 Pilots, Martin Garrix, $uicide Boy$, …). On peut dire que les deux premières lignes de la Line-up se trouvaient sur ces deux scènes voisines. Ensuite, l’incroyable Perry’s Stage accueillant sous son grand dôme des pointures de l’électronique telles que Eric Prydz ou encore Kungs mais aussi des légendes de la Bass Music comme Snails, Must Die!, ou l’incroyable K?D. Ensuite, non loin derrière, l’Alternative Stage, placée en plein milieu du festival assurait une ambiance constante avec notamment l’un de nos coups de cœur : Caravan Palace. Enfin, plusieurs petites scènes beaucoup plus intimistes, pouvant accueillir tout au plus 30 personnes ont pu régaler les festivaliers les plus curieux, avec une mention spéciale au label Noir sur Blanc, pilier français de la Bass House.

L’écosystème entourant la musique : ici pour pouvoir correctement profiter du festival, l’organisation a prévu de nombreux stands très variés pour manger, boire, re-manger, et re-boire. Nos petits favoris de cette édition sont La Cidrerie, le stand de Hot-Dogs Végans, le stand (toujours bondé) de jus de fruits et enfin, le bar en face de la Perry Stage ! Ils ont même pensé à inviter des chefs reconnus pour faire la cuisine aux festivaliers.
On ne vous parlera même pas du coin VIP, qui était particulièrement adapté à un chill intense avec un petit cocktail (sponsorisé par Coca-Cola, si si) !


II – La Perry Stage, un intrigant mélange de styles (électroniques bien sûr)

Cette année, les organisateurs ont clairement misé sur l’éclectisme de cette scène, anciennement quasi exclusivement dédiée à la Bass Music. En effet, on a pu retrouver de la Bigroom entre deux sets Bass House ou alors de la House juste après du Dubstep énervé. On comprend parfaitement les motivations de Live Nation concernant ce genre de Line-up mais leur choix a parfois donné lieu à des moments assez surréalistes : il est 14h30 et K?D, prodige de la Bass Music, envoie un set résolument violent en mêlant les styles, partant même parfois dans des sonorités Speedcore (je vous laisse aller voir sur Youtube) devant le regard mi-perplexe, mi-intrigué de certains parisiens, loin d’être préparés à ça.
Cette configuration a toutefois su attiser l’intérêt de ceux qui apprécient autant la Techno-House de Eric Prydz que le Dubstep infernal de Slugz Music. Chaque set était une réjouissance et ces changements de style cassaient la monotonie que l’on retrouve souvent dans les scènes à thèmes.

Les awards de la Perry Stage :

Devant tant de contenu, plutôt que de faire un classique sommaire de ce qui fut bien ou non, voilà la première cérémonie officielle des Awards de la Perry Stage by Start It !

– Notre coup de cœur : K?D, un set méga technique, mélangeant les styles qui pourtant n’ont rien à faire ensemble et ce pour un rendu vraiment unique. Autant vous dire qu’on n’a pas décroché une seule seconde.

– La grande décéption : Getter. Un set franchement pas à la hauteur de ce qu’on peut attendre de ce pilier de la Bass Music : Getter ne passait pas un moment incroyable et ça se voyait. Il fera mieux la prochaine fois …

– Le meilleur moshpit : Slugz Music vs Gud Vibration. Dernier morceau de Snails, annonce au micro avec son terrible accent québécois « je veux voir le plus gros moshpit de votre vie ». Autant vous dire qu’il fallait avoir les tripes bien accrochées, c’était donc mission accomplie pour bon nombre de festivaliers.

– Notre grand coup de cœur 2.0 : Eric Prydz, pas étonnant n’est-ce pas ? Franchement un des meilleurs sets qu’il nous ait été donné de voir : puissant, profond et à la fois franchement beau, à la manière de notre Pryda à nous. En même temps lorsqu’il a joué son mashup GeneratexOpus accompagné de son lightshow à la pointe de l’innovation, impossible de ne pas frissonner ! Notre seul petit regret : il n’a pas pu apporter sa technologie holographique mais c’est compréhensible et cela n’enlève rien à la magie.

– La meilleure ambiance : Ça sera un ex-aequo entre Eric Prydz et Slugz Music (qui ont indéniablement remporté leur versus) deux sets dont on se souviendra. On note une mention honorable pour le set de SVDDEN DEATH b2b MUST DIE! qui ont eux aussi mis le feu (pas littéralement n’est-ce-pas) à la Perry Stage. 

– Le plus de temps passé allongé(e) sur la table : Gryffin. On a pas vraiment compris pourquoi : elle a passé sûrement plus de temps sur la table à côté des platines que derrière ces dernières. Alors pourquoi pas, mais il faudra nous expliquer un de ces jours ! Petit set Trap très sympa au demeurant.

– Le set le plus technique : K?D. Au risque de nous répéter, son set était vraiment l’un des plus fascinants qu’on ait jamais vu. Premier morceau, un savant mélange Dubstep/DnB/Mid-Tempo et la suite était encore plus farfelue : Hardcore, psytrance, même Speedcore, le tout sous couvert d’une trame générale Mid-Tempo. En soi probablement l’un des mieux réalisés qu’on a pu voir en général et vraiment surprenant.

– Le set qui aurait cartonné en 2013 :
Jonas Blues. En effet, c’est un set bien rempli de « 3..2..1..go ! » et de Bigroom toute droit sortie de l’EMF 2014 auquel nous avons eu le droit. Ceci dit on notera l’effort avec quelques morceaux Bass House, et une technique globale bien maîtrisée, malgré un set plus « boîte de nuit» qu’autre chose.

– Le lightshow le plus cocasse :
Slugz Music. Un lightshow évolutif avec un monstre escargot qui devient de plus en plus badass (et armé), vous en avez tous rêvé, et Snails l’a fait. A chaque drop, impossible de ne pas se marrer un bon coup tout en se brisant un peu plus la nuque à chaque kick !

 

III – Le Rap mis à l’honneur sur Lolapalooza

 Pour cette édition, le festival n’a pas lésiné sur les moyens pour ramener des gros noms de la scène Rap.

Coté Belge, nous avons pu retrouver la véritable bête de scène Roméo Elvis, qui a fait honneur à sa renommée pour retourner le festival avec une performance d’une heure sous un soleil de plomb et des pogos toujours plus grands.

Les Français ont aussi été représentés comme il se doit puisqu’on a pu retrouver les classiques IAM pour un concert presque familiale rassemblant les petits et les grands. Notre meilleur MC normand Orelsan a fait le déplacement pour le plus grand bonheur de ses fans. Nous avons pu aussi retrouver S.Pri Noir et sans oublier notre Nekfeu national qui jouais a domicile devant des festivaliers en délire.

Et enfin pour le meilleur de cet art, les américains « of course ». Nous avons eu le plaisir d’accueillir $UICIDE BOY$, le duo le plus sombre de la trap pour un show à base de 808 plutôt bien calibré. Était présent l’acteur, danseur mais aussi rappeur Jaden Smith avec une performance pleine de fraîcheur, un peu entachée par la pluie malheureusement. Et sans oublier bien sûr, les légendaires MIGOS. Le trio d’Atlanta composé de Quavo, Offset et Takeoff nous a offert un véritable show qu’ils maîtrisent à la perfection devant une scène blindée en flex perpétuel sur des classiques tels que Ric Flair Drip, Walk It Talk It ou encore Bad and Boujee.

Pour cette 3ème édition, Lollapalooza Paris n’as rien à envier aux autres grands festivals. Une organisation quasiment parfaite, pas de problèmes techniques, du son de qualité, concerts à l’heure, peu d’attente, etc. Tout ces petits détails sont bons à souligner et font que l’expérience est une réussite jusqu’au bout !

Enjoy & Stay Tuned.

Gaspard Canaviol et Bastien Bellamy