Ce jeudi 7 novembre le rap était à l’honneur au Krakatoa avec une performance de l’étoile montante suisse​ Makala​ précédé par ​Yudimah, jeune rappeur bordelais

Nous sommes arrivés sur place à 20h30, la salle était déjà assez remplie. Le rappeur local et anglophone, ​Yudimah,​ a bien su représenter sa ville en mélangeant instrus entraînantes, comme mélancoliques et en prenant soin de bien interagir avec le public afin de situer chacun de ses sons dans des épisodes plus ou moins marquants de sa vie. Une recette qui a bien fonctionné auprès du public avec, par exemple, le très bon morceau “​sleep ​ ” qui raconte les insomnies du rappeur bordelais. Il est également important de souligner le très bon travail des ingénieurs chargés de la lumière qui ont su embellir encore plus le show.

À 21h30 c’est le tant attendu Makala qui fera son entrée en restant fidèle à sa personnalité atypique avec une montée sur scène accompagnée d’une musique de 50 cents et des pas de danse dont lui seul a le secret. Le public – très diversifié, mêlant adolescents et adultes amateurs de la nouvelle vague du rap – a pu profiter d’un véritable show commençant par “​Big boy mak”. Une véritable communion s’est tout de suite crée entre le public et l’artiste qui a même fait monter un jeune fan déchaîné sur scène lui permettant d’avoir sa petite heure de gloire. Plus tard dans le concert, il donna même à un membre du public le micro pour que celui-ci lui pose une question.

Makala a pu démontrer à quel point il ne laisse rien au hasard sur scène reprenant même par moment l’ingé lumière afin d’avoir la bonne association entre la couleur et l’ambiance du morceau joué. Ce show rondement mené était maîtrisé de A à Z : chaque transition était réfléchie, son énergie lui permettait d’occuper l’ensemble de la scène et de performer sur tous ses sons sans playback. L’alchimie avec son DJ était palpable ; chaque cuts étaient connus par cœur par le Genevois qui donnait des coups de poings dans le vent lors de chacun d’entre eux – faisant penser à l’iconique entraîneur de Liverpool, Jürgen Klopp.

Et que dire de son humour, de ses blagues avec le public qui enjolivent encore plus la performance scénique ! Mais Makala est unique car, même si tout semble parfaitement ficelé, cela ne l’empêche pas de changer radicalement l’interprétation de ses morceaux. En clair, les paroles sont les mêmes mais les flows diffèrent des titres qu’on se mange depuis le 21 juin dernier, date de sortie de son 1er album – privé par PNL d’être l’album rap de l’année – Radio Suicide.

En s’approchant de la fin du concert, l’artiste montra également sa reconnaissance envers son public en clarifiant qu’ils n’étaient pas seulement des fans mais ses représentants sur Bordeaux et franchement… Quelle fierté !

Pour finir, l’artiste suisse prit énormément de temps pour remercier l’ensemble de son équipe ainsi que celle du Krakatoa.

En conclusion, c’était une soirée à ne pas louper pour les amateurs de rap. Bonne ambiance et communion étaient à l’honneur. Makala est un artiste à part ; de par sa musique en studio, aux couleurs et aux ambiances uniques dans notre rap francophone stéréotypé, mais aussi par ses concerts à la fois bourrés d’énergie et maîtrisés tout en laissant place à sa créativité du moment.

Bref, vous l’aurez compris, Makala n’est clairement pas qu’un rappeur de studio.

Alors, c’est qui le plus méchant ? Makalaaaaa !!

Enjoy & Stay Tuned.

Samy Nehmé & Pierre Robin