Nous sommes le vendredi 29 novembre, et Anna Moreau, plus connue sous son emblématique pseudonyme« Anetha », fait son apparition sur la mythique péniche de lIBoat pour un set qui restera dans de nombreux esprits. Elle fût précédée par un habitué des lieux : Jann.

 Un tel évent avec une tête de la techno dans un endroit qui lui est familier, on bouillonnait tous d’impatience de voir le set démentiel de la jeune bordelaise.

C’est aux alentours de 1H10 que nous arrivons à quai, avec pour objectif de taper le plus fort du pied devant lenvouteuse Anetha. Arrivés devant l’Iboat, une légère queue se tenait près des barrières mais rien dimpressionnant, pas dattente particulière. Tous les étages (cave + rez de chaussée + 1èreétage) étaient ouverts au public, avec des ambiances différenteà chaque niveau : techno dans la cale avec des basses faisant vibrer chaque recoin, chaque partie du corps ; une house vraiment entrainante au rez-de-chaussée pour garder en haleine les techno-lovers le temps dune cigarette, puis de la musique un peu plus commerciale et rap au dernier étage.

Notre soirée commence réellement lors de notre descente à la cale vers 1H20, pour y retrouver Jann, pour un set très rythmé mais pas non plus bourrin, histoire de réchauffer la salle et faire bouger ceux venus pour toute la soirée, et non pas seulement pour le set d’Anetha. Une cale remplie à moitié, mais un public plus chaud que jamais scotché aux ondes du DJ, et illuminé par un jeu de lumière très bien organisé, variant entre le rose et le bleu au début, puis le rouge et orange au fur et à mesure de la montée en puissance du set.

On a décelé certains sons mixés avec les premières parties de musique tel que « Ways and mean » de Jon O’Bir, ayant un début équivalent à un terrain de jeu pour les professionnels de la musique techno.

C’est vers les alentours de 2H00 qu’une véritable foule s’est constituée devant la dernière heure de Jann, avec deux fois plus de monde qu’à l’heure précédente. On sentait arriver la fin de son set; la salle commence ainsi à se remplir pour profiter des derniers instants de la première partie, mais c’est surtout pour se placer idéalement afin d’être au plus proche de la chaleureuse Anetha.

Comme prévu, nos yeux et nos oreilles étaient rivés sur la scène à 3H00 pétante, attendant l’arrivé de la guerrière « nouvelle génération ». Ce n’est une surprise pour personne, le set commence sur les chapeaux de roue et enflamme directement l’énorme masse se trouvant elle.

Ce soir-là, nous étions deux technophiles, l’un venant de Rouen, l’autre de Paris, et nous avions jamais vu ça. À Paris, l’un d’entre nous a eu la chance de fréquenter des boîtes de nuit très prisées telles que la Concrete ou le Rex Club, mais ce que nous avons eu à l’Iboat cette nuit-là est indescriptible. Une puissance de frappe impressionnante, un rythme délirant, un son parfaitement calibré : bref, Anetha a encore fait des siennes.

Ce qui est génial dans le monde de la techno ou même de l’électronique en général, c’est qu’on peut reconnaître des musiques de certains artistes, mais elles seront toujours uniques car remixées par des génies du rythme. C’est le cas, par exemple, du remix de « Gringo » de Parov Stelar, repris et traduit en langage techno, correspondant au format « Anetha » pour notre plus grand plaisir.

Que serait un set d’une si grande artiste sans son titre « Acid Train », titre qui l’a propulsé vers la notoriété en l’inscrivant dans les vingt meilleurs sons techno de la décennie d’après Mixmag. C’est la que tout s’arrête et que vous plongez, complètement transcendé par les effets stroboscopiques, dans la vibe d’Anetha parmi une foule blindée, en nombre et en sueur.

Bon, on s’y attendait mais il faut le dire : Anetha c’est quelqu’un. Ça faisait longtemps qu’on avait pas entendu une techno pareille. Surpuissante, hypnotisante, déroutante, on ne peut qu’admirer la jeune artiste. Est-ce qu’on peut dire qu’elle est devenue une Master de la techno ? En live en tout cas, c’est certain. Jann nous a aussi beaucoup fait apprécier le début de soirée. Toutefois, il est nécessaire de parler d’une cale blindée au sous-sol, où arriver à faire un mouvement relève de l’exploit. Parfois, nous arrivions à nous extirper de la foule pour pouvoir danser, mais nous nous retrouvions vite rattraper par l’immense masse humaine. C’est tout de même dommage. Notons également, puisqu’on parle de l’Iboat, la gentillesse des barmans au premier étage.

Enjoy & Stay Tuned.

Martin Vieillard et Paul Hecquet