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La musique et la drogue, une histoire vieille comme le monde

Commençons cet article par un peu d’histoire, plus précisément l’histoire de la relation entre l’homme et la drogue. 


La drogue a toujours été une expérience pour l’homme, une sorte d’exploration. L’opium chez les Sumériens en 3 000 av JC, l’usage de cannabis thérapeutique en Chine en 2 800 av JC, mais aussi plus récemment avec Charles Baudelaire et Salvador Dali avec différentes drogues, plus ou moins dangereuses, qui ont grandement influencées les œuvres des deux artistes. Dans les années 1960, en même temps que le mouvement Hippie apparait des substances psychédéliques comme les champignons hallucinogènes, la mescaline ou le LSD par exemple. De nombreux artistes se sont inscrits dans ce mouvement « Flower Power », on peut citer Jimi Hendrix, The Doors ou encore Janis Joplin. Ces artistes ont été rassemblés dans l’un des festivals qui a eu le plus d’influence dans la musique, Festival Woodstock, mais aussi les fameux “Sexe, drogue and Rock&Roll” ! On peut alors à se demander quelle est la place de la drogue dans l’univers musical aujourd’hui ? 


Nous allons tout d’abord nous concentrer sur la corrélation entre créativité et drogue. La drogue augmente-t-elle réellement notre imagination, facilite l’écriture et de manière générale, la création artistique ? 

Sur ce point, les artistes vont avoir des points de vue bien différents, mais sa consommation dans le milieu musical ne peut pas être nié. En effet, ce thème est très souvent abordé dans le milieu de la musique, que ce soit dans le rap, le rock ou encore le reggae (à qui on associe dans 90 % des cas le cannabis). Dans certains cas, ce qui pousse à la consommation est un état d’esprit, une volonté de suivre une mode ou bien l’envie d’appartenir à un groupe. Dans d’autres cas, c’est pour l’inspiration, pour avoir une petite aide extérieure et pousser son imagination à son maximum afin que les idées viennent plus simplement. De même pour l’alcool : « Pourquoi je bois ? Pour pouvoir écrire de la poésie » voilà ce qu’avait dit Jim Morrison, chanteur du groupe The Doors. Il est donc clair que chaque artiste possède son moyen de trouvé l’inspiration, que ce soit l’alcool avec Jim Morrison, ou la drogue dite « douce », on peut par exemple citer le grand Bob Marley qui pense que « fumer de l’herbe te révèle à toi-même », ou encore la drogue dite « dure ». Les confidences de The Weeknd sur les effets positifs que lui procurait la drogue ont d’ailleurs très parlantes : « Je vais être complètement honnête, pour mes deux derniers albums, j’ai dû replonger. J’ai utilisé la drogue comme une béquille, un soutien. Même sur ce nouvel album (Starboy), tu te retrouves avec le syndrome de la page blanche. Et parfois, tu ne peux pas le faire sobre … C’est comme une évasion, parfois. Vous voyez ce qui se passe dans le monde réel et… parfois, vous vous réfugiez dans votre propre monde, dans lequel vous créez ce qu’il s’y passe. ».

Il est donc désormais impossible de nier l’existence du lien entre la drogue et l’art, plus particulièrement de la musique. Mais est-ce vraiment bénéfique de prendre de la drogue pour avoir assez d’inspiration et créer tout simplement ? Non pas forcément, car plusieurs artistes d’univers bien différents n’ont jamais eu recours aux drogues, n’en n’ont jamais eu l’envie ou le besoin pour pouvoir produire. Eric Clapton dans Cocaïne, dénonce très clairement la consommation de drogue et particulièrement celle de la cocaïne car « Don’t forget this fact, you can’t get it back » (n’oublie pas ça, tu ne peux pas revenir en arrière). 


Maintenant, penchons-nous vers le fait de prendre de la drogue pour mieux apprécier la musique. Mythe ou réalité ? Peut-on réellement plus profiter de certains genres musicaux en étant sous l’emprise de la drogue ?

Encore une fois les avis sont mitigés.

Aujourd’hui, la mode des raves, free party, warehouse ont pris énormément d’ampleur et par conséquent ce qui en découle aussi. Le type de personnes participant à ces événements sont des personnes voulant profiter, s’amuser, sortir et être soi-même sans tous les codes et diktats que peuvent être imposés par les différentes modes. Désormais, ces modes de vie peuvent parfois être assimilés à la consommation de drogue. En effet, avec l’augmentation d’événements de musiques électroniques, il y a eu une évolution des consommations au sein de ces soirées, certains pour tester l’inconnu, d’autres ayant déjà essayé et aimé l’effet. 

Si tu es du genre à fréquenter les raves, tu souhaites évidemment profiter au maximum de la soirée, tenir le plus longtemps possible. Tu seras peut-etre aussi plus sensible à l’utilisation de substances (ecstasy ou de cocaïne par exemple), car cela reste malgré tout un moyen de résister à la fatigues de ces longues soirées mouvementées.

Il est aussi important de préciser que chaque drogue « possède » son style musical et chaque style musical « possède » son public. En effet, lorsqu’une drogue devient de plus en plus banalisée, c’est aussi grâce au public qui va en quelque sorte suivre le “mood” du genre musical et rendre la consommation de chaque drogue « admise » au sein du groupe. On peut prendre par exemple le rap où l’on parle souvent de Lean ou de Cannabis et a contrario la musique Techno où ici, on aborde plus souvent le sujet de cocaïne, Kétamine, Ecstasy en soirée. Donc oui, on peut dire que sans les drogues, ces milieux ne seraient pas abordés de la même manière que si ces substances n’avaient jamais existé.

Mais la prise de substances peut-elle vraiment modifier l’écoute d’une musique ? Eh bien, oui. Sur Internet, il existe pleins de récits racontant les premières expériences de drogue que ce soit en milieu festif ou chez soi. Une conclusion ressort de toutes ces histoires, la musique qu’ils écoutaient à l’origine n’était plus la même après la prise de drogue, elle était comme “modifiée”. Parfois, ils n’aimaient pas le genre musical en question puis après la consommation de substances, ils finissaient par mieux l’apprécier, « Je pense qu’il n’y a aucun descriptif possible à travers les mots, la chose la plus proche que je puisse trouver c’est l’effet de la musique tout simplement. D’ailleurs, en parlant de ça, j’ai pris bien plus de plaisir dans la musique psytrance que dans l’électro que je connaissais déjà » voici le récit d’un internaute racontant sa première expérience de consommation de LSD.

Cependant, il ne faut pas forcément associer un genre musical à une drogue, par exemple, aujourd’hui, quand on parle de techno à des gens, beaucoup pensent à des drogues telles que la cocaïne, l’ecstasy etc mais ce n’est pas toujours le cas. En effet, de plus en plus d’événements où il n’y a aucune consommation de drogue ni d’alcool sont en train de voir le jour. Au Canada par exemple, lors du Shambhala Music Festival, une zone a été créée depuis 3 ans pour les personnes ne voulant ni boire de l’alcool ni prendre de la drogue. Il y a de plus en plus une prise de conscience de la place qu’a pris la drogue dans les soirées après les différents tragiques événements qui ont pu avoir lieu. Mais c’est aussi lié au nombre d’overdoses d’artiste comme la regrettée Amy Winehouse ou plus récemment Mac Miller. Tous ces faits ont eu un impact sur les musicophile, avec une prise de conscience du la danger des différentes drogues qui peuvent être consommés dans le l’univers de la musique.

Pour finir, on peut reprendre une citation de Laurent Garnier “Quant aux amalgames sur les drogues, j’ai renoncé à m’énerver contre ces raccourcis ridicules. La drogue a toujours été liée au monde de la nuit et de la fête. Pourquoi stigmatiser la techno ? Est-ce que, pendant le Festival de Cannes, on parle de la consommation de cocaïne ? Non, on parle de cinéma” on peut comprendre ici qu’un grand artiste ne doit pas nécessairement être associé avec drogue.”


Ainsi rappelons que cet article a pour but de démontrer que la musique et la drogue sont liés depuis la nuit des temps, mais il n’est en aucun cas un article incitant à consommer de la drogue. 

Enjoy & Stay Tuned.

Louis Drujon

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