Start It

Sans titre

Emily Jane White : La douceur folk à Bordeaux

Il est 20h30 lorsque l’on arrive au Rocher de Palmer pour voir la chanteuse californienne Emily Jane White. Nous avons rendez-vous au « salon des musiques », une petite salle au sein du Rocher. Environ 200 personnes ont répondu présentes à l’invitation.

La soirée débute avec le groupe Queen of the Meadow. Un duo de français uniquement accompagné de leur guitare et sur certains morceaux, d’un harmonica. Le style est sans surprise folk, très calme, très doux et délicat. La voix de la chanteuse fait penser au duo de folk suédois First Aid Kit. Elle a une belle étendue vocale, maîtrise aussi bien les notes graves que les plus aiguës. Elle nous confie également son émotion d’être la première partie d’Emily Jane White, qu’elle a rencontré dix-sept ans auparavant alors qu’aucune d’entre elles n’étaient vraiment dans l’industrie musicale. Nous croisons également la chanteuse après sa prestation afin de partager ensemble le concert de la tête d’affiche au côté du public.

A 21h30, la tant attendue Emily Jane White entre sur scène accompagnée de son batteur et de son bassiste sur Washed Away, single de son dernier album sorti en 2019, Immanent Fire. Elle alterne entre la guitare et le synthé pour des sons plus électroniques. Le style est très calme, faisant parfois penser à Agnès Obel. C’est un concert de folk tout en douceur et en pureté. Le jeu de lumière est également très délicat pour être en accord avec l’ambiance musicale. L’artiste attend trois chansons avant de s’adresser au public. Son label, Talitres, étant bordelais, elle maîtrise quelques mots de Français. Elle commence donc à nous parler et nous remercier de notre présence dans la langue de Molière. Elle bascule cependant rapidement vers celle de Shakespeare, beaucoup plus naturelle et simple pour elle, mais nous apprécions et félicitons son effort. Le style évolue au fur et à mesure que le concert avance. Emily Jane White nous propose aussi bien des titres de son dernier album que des précédents. Il est important de noter que les morceaux de l’artiste sont surprenants. En effet, dans un seul titre, nous pouvons entendre presque plusieurs morceaux tant les mélodies peuvent changer. Nous nous laissons transporter dans son univers folk et onirique. Nous remarquons cependant que le système son de cette salle n’est pas parfait. Lors des morceaux plus rythmés, avec plus de batterie, nous avons du mal à entendre la voix de la chanteuse.

Après avoir dédicacé une chanson d’Immanent Fire à son label Talitres, Emily Jane White enchaîne avec plusieurs titres de cet opus, dont Surrender, incroyablement interprété. Pendant qu’elle réaccorde sa guitare, elle nous demande si tout va bien car elle nous trouve assez silencieux. Elle poursuit avec une chanson de son troisième album, The Cliff, tout en nous présentant ses musiciens. Pour un concert de folk, nous trouvons tout de même que cela manque d’une touche plus symphonique, avec un.e violoniste par exemple. Au bout du dixième morceau, elle lâche sa guitare et son piano, et parcourt la petite scène pour être au plus proche de son public. Sa prestation live ne diffère malheureusement que très peu de ses enregistrements sur album. Emily Jane White nous livre une performance de qualité, mais il manque peut-être la petite touche en plus pour sublimer ce concert. Après une heure de prestation, elle nous annonce commencer la dernière chanson. Nous en voulons plus et la rappelons. Elle revient accompagnée de sa guitare pour une chanson, puis son bassiste l’accompagne sur la belle Victorian America, tirée de son deuxième album éponyme. Après 1h20 de concert et une quinzaine de morceaux interprétés, l’artiste californienne quitte définitivement la scène en nous remerciant.

Pendant ce concert, nous étions comme dans une bulle de douceur, de délicatesse et de pureté. Nous n’étions pas là pour voir un show, mais bien pour profiter du moment présent, en fermant nos yeux et nous laissant transporter dans son univers.

D’un point de vue plus personnel, j’ai été plus qu’heureuse de voir cette artiste que j’ai découverte il y a dix ans avec mon père et avec laquelle j’ai musicalement mûri. Voir des parents avec leurs enfants dans la salle n’a fait que raviver cette nostalgie des concerts que j’ai moi-même partagés avec mon père.

Maïlys Moulin

Crédit photo : Olivier Moulin

partager

Share on facebook
Share on google
Share on twitter
Share on linkedin
Share on pinterest
Share on print
Share on email
Vous aimerez aussi
Les artistes chantent l’égalité face au COVID-19
Le reggaeton à la conquête del mundo
Akon City, la ville à 6 milliards de dollars sera prête en 2030.