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PNL, un monde à part

PNL, un groupe de musique de deux frères français qui est resté fidèle à ses valeurs, partant de rien ou presque, portant un intérêt supérieur à leur famille avant tout pour conquérir le monde et rentrer dans la légende. Aussi mystérieux que talentueux, nous allons analyser ce duo qui, sans parler une seule fois face caméra, est devenu le premier groupe du monde à acquérir un disque de diamant en total indépendance.

Maîtres de la communication

Les deux frères sont reconnus pour leur musique, bien entendu, mais aussi pour leur manière de s’auto-présenter face au marché, à leur audience, aux médias, à la façon de communiquer en tant que rappeurs français ou francophones. Ils ont pris à contrepied l’ensemble des stratégies de communication dictées par les maisons de disque mais aussi celles des indépendants.

L’élément central de la communication d’Ademo et NOS est de rester fidèle aux leurs ainsi qu’à leurs valeurs avec pour seul mot d’ordre “QLF” soit “Que La Famille”.
Que ce soit au niveau des featurings ou bien des apparitions médiatiques, c’est tout simplement le néant. Évidemment, dans les featurings nous pouvons compter leurs amis de longue date comme MMZ, DTF ou encore N’dirty Deh afin de leur donner de la visibilité et de travailler selon le mot d’ordre énoncé.

Un élément particulièrement intéressant se trouve dans la vidéo de “Tonton Marcel”, investigateur de rap, journaliste indépendant qui va sur le terrain depuis de nombreuses années. Tonton Marcel peut être caractérisé comme “un vieux de la vieille” qui dispose d’une crédibilité sans faille et dont le discours mérite une attention toute particulière.
Il a rencontré Ademo en 2011 avant même le premier projet du groupe dans l’objectif initial de filmer “Spike la pioche” rappeur des Tarterêts, d’où viennent PNL. Le grand frère, Ademo était présent et Tonton Marcel a essayé tant bien que mal de le filmer alors qu’il se cachait derrière ce dernier et ne voulait pas apparaître à l’écran. Tonton Marcel lui demande alors pourquoi il ne veut pas faire face à la caméra et Ademo répond selon les dires de Tonton Marcel : « J’ai pas envie d’être une star et j’ai pas envie que les sites de rap viennent me filmer parce que j’ai rien à leur dire, tu vas voir je vais devenir connu sans donner une seule interview aux sites de rap, tu vas voir ça va marcher »

Avec le recul dont nous disposons, il est impressionnant de constater à quel point cette stratégie conçue il y a plus de dix ans a été payante et a grandement contribué au succès du groupe et ce, en totale indépendance.

Dans une ère ou la promotion de soi n’a jamais été aussi importante, dans une société ou les rappeurs multiplient les interviews ainsi que les passages médiatiques dans un but de visibilité pour promouvoir leur musique ainsi que leur image, PNL a décidé de faire différemment. Les deux frères ont fait un pari risqué qui s’est avéré être un coup de maître.
Les auditeurs de rap face à une sur-représentation du rappeur ont probablement ressenti une forme de saturation dont la réponse s’appelait PNL. Lorsque l’on se retrouve exposé à un procédé de promotion dans une quantité considérable sans contrebalance, nous ne pouvons qu’apprécier une innovation qui va à l’encontre du procédé en question qui consiste à se sur-représenter.  

Le groupe l’a compris il y a bien longtemps et a décidé de prendre le risque de se sous-exposer afin de valoriser le peu de leurs apparitions et prises de parole fatalement plus rares et plus précieuses. Ces apparitions se sont illustrées par des clips musicaux et les chansons qui accompagnent ont fait office de prise de parole et ce, avec une musique singulière, un charisme omniprésent et de magnifiques clips qui selon Ademo méritent même le « Festival de Cannes ».

PNL représente donc une certaine forme de rareté n’allant pas jusqu’à l’exclusivité car nous avons tous accès à leur musique, mais en tout cas une qualité certaine.

De plus, PNL dans sa communication a innové, a proposé des actions surprenantes et accessibles. Après la série qu’ils ont mis en place sur YouTube pour mettre en lumière les morceaux de leur album “Dans la légende” avec des épisodes au même titre qu’une série; ils ont proposé des affichages dans les rues de Paris avec le personnage “Macha Django” accompagné d’un mystérieux numéro de téléphone. Lorsque l’on appelle ce numéro, la messagerie se trouve être la musique “Béné” qui fut l’indice permettant de deviner que le prochain épisode de la série serait accompagné de cette musique. L’action a très bien été reçue par le public qui quelques mois plus tard a reçu un message de ce même numéro annonçant une tournée dans toute la France dans les plus grandes salles de concert de chacune des villes sélectionnées. Une opération marketing finement menée qui est venue renforcer la position de PNL comme maîtres de la communication.

Pour le lancement de leur dernier album “Deux frères” sorti le 5 Avril 2019, PNL a trouvé la stratégie qui leur ferait traverser les frontières sans accorder la moindre interview en France ou à l’étranger.
Lors du lancement d’un mystérieux live YouTube surplombant la terre de minuit à 15h 30, les fans sont partis à la recherche d’indices tout le long sans rien trouver, ceci ayant provoqué une certaine viralité sur les réseaux sociaux avant de tomber sur un message qui annonçait un clip le même jour à 20h. En France, bon nombre de jeunes se sont préparés pour être à 20 heures devant leur ordinateur ou téléphone, en groupe ou seul afin de contempler le come-back de PNL qui se sont tus pendant près de trois ans. Comme le dit le célèbre journaliste de rap Mehdi Maïzi « on se souvient de l’endroit où on était quand le clip est sorti, c’était un vrai évènement qui marque la culture ».
A 20h, PNL nous dévoilait le coup de génie qui allait propulser leur musique à l’international : un clip sur un sublime monument français connu mondialement, nous parlons bien entendu de la tour Eiffel.
Les médias du monde entier se sont emparés de la nouvelle, ce groupe de deux français qui ont réalisé un clip musical sensationnel sur ce monument historique tant apprécié en France comme à l’étranger. Un clip de si grande qualité sur ce monument ne pouvait que rayonner à l’international en offrant une promotion beaucoup plus pertinente que n’importe quelle interview.

Pour couronner le tout, PNL a réalisé une collaboration inattendue. Un évènement toujours qualitatif, surprenant et accessible pour tous. Le compte Uber France a posté la photo d’une voiture habillée aux couleurs du duo afin d’annoncer que le jour de la sortie de l’album, nous pourrions sélectionner l’option PNL sur Uber pour une course en écoutant l’album dans une voiture et tout ça gratuitement.

Vous l’aurez compris, PNL a pris de revers l’industrie musicale dans sa manière de communiquer et de s’auto-représenter. À travers des méthodes innovantes et une volonté depuis plus de dix ans de ne pas se montrer, le groupe dont les paroles ne sont que celles de leurs musiques entretient le mystère, propose des actions de qualité et séduit les amateurs de rap dans ce contexte de la promotion de soi intensive.

Une musique singulière

PNL a ramené des sonorités, des mélodies, des ambiances jusque-là inconnues sur la scène rap francophone. Le duo propose une musique qui leur appartient, que nul n’ose tenter d’imiter.

Le “cloudrap”, c’est avec ce terme que l’on essaye de ranger le duo dans une case musicale tellement leur style est difficilement identifiable. La radio Mouv’ parle même de “street-cloud” pour définir PNL en 2016. Le cloudrap est difficile à définir et ne dispose pas de règles précises préétablies mais nous pouvons dire sans prendre de risques que c’est une musique planante, presque hypnotique dont la structure est plutôt lente et aérienne tout en étant une sous-catégorie du rap.

PNL propose une musique planante, envoûtante parfois brutale, qui se dévoile plus à chaque nouvel album. Les deux frères dans leur musique racontent les difficultés de la vie qu’ils ont eue, les regrets qui continuent de les ronger comme le dit Ademo dans à l’ammonique « Nous on est tout le contraire de Piaf », celle qui ne regrette rien.

L’histoire du duo est particulièrement intéressante et offre du sens à leurs textes, ce qui touche l’auditeur. Les deux frères ont grandi dans le 91 à Corbeil-Essonnes sans avoir connu leur mère, ils sont élevés par leur père René Andrieu, un Corse connu pour ses multiples braquages et son implication dans le trafic de drogue à grande échelle. Ce dernier fait plusieurs séjours en prison et finit par fonder l’association “Tarterêts 2000” qui aide les jeunes de quartier à s’en sortir, à travailler. Le père des deux frères est donc un bandit et un homme de grande influence au sein de la cité, faisant de ses deux fils des garçons craints et dotés d’une certaine légitimité héréditaire au sein du quartier, comme le dit NOS dans Chang « Là où j’avais la confiance même avec les grands parce que mon papa c’était le plus méchant ».

René Andrieu, père de Tarik et Nabil

De plus, les rappeurs nés en 1986 pour Ademo et NOS en 1988, n’ont rencontré le succès qu’à 29 et 26 ans, ce qui est bien au-dessus de la moyenne des rappeurs qui se font connaître de plus en plus jeunes. Par conséquent, les deux frères jouissaient d’une certaine maturité, accompagnée d’un passé rempli d’histoires entre trafic de drogues, éducation, souffrance, mélancolie et remords pour composer une musique au moins intéressante.

Cette vision de la musique, leur histoire ainsi que leur capacité à produire un style de rap si particulier a fait d’eux des rappeurs presque inclassables musicalement tant leur style est unique et peut différer selon les morceaux. “Mowgli” d’Ademo qui crache littéralement sa haine, c’est bien trop brutal pour être du cloud-rap, ce n’est ni du boom bap, ni véritablement de la trap. Ademo rap avec de l’autotune et finit par chanter nous disant « j’suis pas un rappeur sans vocodeur j’suis claqué ».

Le titre “Mexico” mélange parfaitement chant et rap avec une utilisation du vocodeur très maîtrisée aux ambiances mexicaines entre favelas et désespoir, c’est un style musical qui n’a pas d’équivalent. Nous pouvons aussi citer “J’suis QLF“, une musique que l’on pourrait presque imaginer dans un salon de massage tant la sérénité s’impose à nous et nous plonge dans une atmosphère calme de bord de mer. Nous pouvons parler ici de cloud-rap par la capacité envoûtante et aérienne de cette musique. Comment qualifier “Béné” ? C’est une musique dansante aux allures sud-américaines dont l’amertume vient équilibrer et complexifier sa musicalité presqu’au même titre qu’un bon vin. Nous retrouvons un schéma similaire avec “Hasta la vista” où le duo couple célébration et désarroi, festivité et chagrin, PNL est ravi que leur haine nous plaise.

Que dire de “A l’ammonique” ? Rap ou variété française ? C’est en tout cas une musique où se mêlent poésie, mélancolie, souffrance et amour sous fond de guitare. PNL c’est aussi ça, la volonté de faire quelque chose de “beau” malgré un passé sale, au même titre que leur clip où l’esthétique est minutieusement travaillée.

Nous avons aussi eu droit à “Déconnecté” dans le dernier album des deux frères qui met en perspective souffrance et ambitions dans une ambiance apocalyptique où rock et rap s’unissent et se confrontent grâce à une guitare électrique tout droit sortie des abîmes qui vient accentuer la dimension tragique de ce titre.

Vous l’aurez compris, musicalement dans la forme PNL c’est surprenant, c’est planant, ça peut être agressif, c’est souvent triste, mélancolique et c’est très travaillé dans l’ensemble. Ce sont des perfectionnistes qui s’arrêtent sur chaque détail comme le disait Misterfifou qui s’était occupé de la cover de “Dans la légende“, lui qui travaille dans le milieu depuis très longtemps n’avait jamais vu un tel souci du détail dans sa carrière.

Dans le fond, c’est tout aussi intéressant.
Dans une ère de glorification de l’illégalité avec notamment la vente de drogue, la possession d’armes, la promotion du fait d’être violent ou “sauvage” selon les mots de certains, la mise en avant de la réussite financière à travers des facteurs matériels de reconnaissance sociale qui sont typiquement les montres, les voitures et les bijoux sans oublier le fait de montrer des femmes dénudées réduites à ne montrer que leur corps comme métaphore d’un simple trophée, PNL a encore une fois décidé de faire autrement.

L’authenticité de deux frères

PNL est reconnu pour sa démarche qui relève d’une certaine authenticité bien rare dans le monde de la musique, en l’occurrence du rap. Fidèle à ses valeurs, ses principes, c’est sans contrefaçon que le duo s’est imposé dans le paysage du rap francophone et plus encore.

L’authenticité, un bien grand mot qu’il est important de redéfinir sur une partie qui lui est consacrée.
L’authenticité est la qualité de ce qui est authentique, vrai, pur. En philosophie, c’est une vertu par laquelle un individu exprime avec sincérité et engagement ce qu’il est profondément.

L’authenticité est donc le fait de ne pas trahir ses idées et ses pensées par sincérité, par engagement de ce que l’on est. Dans le monde de la musique, on peut traduire cette authenticité par le fait de ne pas se plier aux exigences du marché, de garder une indépendance vis-à-vis de ses valeurs pour n’être que soi-même sans jouer un rôle qui n’est donc pas le nôtre.

Là où encore une fois dans cet univers musical, les concessions sur notre propre image pour plaire à un public ne sont que banalités; les rappeurs font ce que leur ordonne ou propose les labels, les maisons de disque au niveau de leur image, de leur direction artistique en règle générale. Ce n’est pas immoral pour autant. Ces rappeurs prennent les conseils de leur entourage professionnel pour faire plus d’audience et plus d’argent, ce n’est qu’humain. Leur objectif de rentabilité dépasse la volonté de rester fidèle à leurs valeurs, PNL ne mange pas de ce pain-là.

Ce qui est frappant chez les deux frères c’est évidemment le fait de n’avoir jamais parlé devant une caméra, de n’avoir jamais fait d’interview tout en ayant une popularité considérable. Cette volonté de ne pas se montrer résulte d’une certaine simplicité, voire de pudeur qu’ils n’ont pas voulu trahir malgré la visibilité qu’apporterait une sortie médiatique. En dépit de cette pression pour gagner en notoriété les deux frères sont restés fidèles à eux-mêmes, ils avaient décidé de ne pas se montrer (référence à la vidéo de Tonton Marcel), alors ils ne se montrent pas, c’est aussi simple que ça. Au niveau stratégique, comme nous l’avons abordé dans la première partie c’est très pertinent alors on pourra toujours dire qu’ils agissent de la sorte pour justement faire contrepied face à l’industrie et donc gagner plus d’argent in fine, mais cette volonté date d’il y a bien longtemps parce qu’ils n’ont tout simplement « rien à leur dire ».

On sent aussi une rancœur inhérente aux chaînes d’informations ou de productions documentaires et autres reportages de la part d’Ademo qui dans Tu sais pas dit « Fuck vos interviews, j’aurais pu passer dans vos reportages de chiens ». Cette rancœur naît d’une représentation médiatique de la rue qui montre son visage le plus sombre, le plus violent où les protagonistes sont déshumanisés voir animalisés.

Dans ce rap si vulgaire, dénué de sens qui fait l’apologie de la violence et de la vente de stupéfiants, PNL non sans passé sombre et dramatique mettent en perspective la dimension tragique d’une vie si brutale en exprimant regrets et souffrances comme le dit Ademo dans “Oh Lala” « c’est sale quand je vends la came, mais bon croyez pas qu’j’kiff, des remords quand j’suis à table ». Nous retrouvons la même idée dans le refrain de au DD «j’la passe, la détaille, la pé-cou, la visser, des regrets devant ton bébé » 

Dans un but de ce que l’on appelle communément  avoir de la « street-crédibilité » soit la crédibilité d’être un rappeur par la violence que l’on a exercé et la menace que l’on représente, certains rappeurs n’hésitent pas à s’inventer ou accentuer un passé sombre, violent et rempli de souffrances. Ademo propose tristement en conséquence dans Chang « tu veux mon vécu ? je te le donne volontiers ». Il ne s’invente pas une vie, il essaye difficilement de se détacher d’un passé aussi peu glorieux mais selon lui nécessaire pour subvenir aux besoins des siens.

La véritable violence au sein des quartiers, c’est cruel, c’est injuste, ça n’a rien de beau ni de vertueux mais c’est trop souvent glorifié dans le rap post-moderne. NOS a une réponse pour ceux qui refusent le pacifisme en idéalisant l’agressivité et ce, dans le titre Le M « t’aimes pas la paix ? c’est que t’as pas fait la guerre ». Cela peut paraître simple mais ce sont des paroles d’une sagesse rare. La maturité ainsi que l’authenticité des deux frères permet une vision réaliste du monde qui les entoure, ce qui donne du sens à leur texte et leur offre une légitimité importante dans leur discours.

Cette authenticité se traduit aussi dans les clips. Qu’y a-t-il de plus authentique que la nature elle-même ? PNL se fait l’étendard de la magnificence des paysages qui s’offrent à nous dans plusieurs clips musicaux. Le clip “La vie est belle” tourné en Namibie est épatant. On y retrouve une nature aride mais vivante, riche d’animaux sauvages, de désert de sel, de dunes et de forêts : il y en a pour tous les goûts. “Oh lala” dont le clip est tourné en Islande offre des paysages divers et variés apportant une dimension visuelle particulièrement intéressante grâce aux glaciers, des cascades, des chevaux… Évidemment, le clip “A l’ammoniaque” est l’illustration même de la beauté de la nature mettant en exergue les déserts d’Afrique du Sud et les canyons américains. Ce clip est souvent salué par la critique comme étant digne d’images d’un film à très gros budget. Nous pouvons aussi citer “Blanka” tourné en Jamaïque.

Une scène dans le clip “Dans ta rue” illustre pertinemment l’authenticité de PNL. Elle reste fidèle à leurs valeurs de sacrifice, de dévouement et de loyauté. On y retrouve NOS qui passe avec nonchalance devant un protagoniste en Ferrari pour finir sur une chaise devant son hall à allumer une cigarette sur le rythme de la musique où ce dernier dit « T’as cru quoi ? Rien n’a changé la putain de ta mère, t’as cru quoi ? ».
On en revient donc à cette authenticité dans la mesure où les deux frères ne vont pas frimer ni jouer un rôle avec des voitures de luxe, mais plutôt aider leurs familles et leurs proches à sortir de la “galère”. La superficialité de l’ultra capitalisme ce n’est pas pour eux, ils préfèrent les choses simples : leur chaise, leur bâtiment, leurs proches, la nature et un bon cigare. Ils sont restés fidèles à ce qu’ils sont, malgré leur ascension financière. Comme le dit NOS dans le dernier titre de l’album Dans la légende « j’croise les mêmes cafards dans le même bat’, j’ai les mêmes plats pour les mêmes pâtes ».

Pour ce qui est des femmes, ce n’est pas avec PNL que l’on va les voir se dénuder et danser vulgairement. Cette mouvance qui consiste à faire danser des femmes de manière sexualisante pour exprimer la toute-puissance du rappeur, qui par sa réussite économique fait de la femme un jouet, n’a rien de vertueux ni d’authentique.

Dans les nombreux clips du duo, les femmes ne sont ni particulièrement représentés ni dégradées. La mini-série Dans la légende montre une femme qui se fait agresser par une bande rivale. Suite à cela, le personnage principal va se sacrifier pour la protéger, mettant hors d’état de nuire l’agresseur. Nous sommes très loin de « j’ai passé la bague à chikita, deux mois après je l’ai déjà quitté » que l’on peut entendre dans “Bande organisée” par exemple.

Cette authenticité s’illustre aussi par des actions sur lesquels le duo ne communique même pas, comme le don de centaines de cartables pour la rentrée scolaire à destination des enfants de leur cité ou encore des dons pour des colis alimentaires à l’association Banlieues santé.

L’histoire se répète pour les deux fils de leur père René, celle d’ancien bandits qui se repentent et aident les plus démunis.

Nous pourrions aussi parler de la touchante déclaration d’amour d’Ademo à son père dans “Zoulou tchang“, de la magnifique relation des deux frères qui ont tout vécu ensemble, se sont égarés dans les mêmes trous noirs, ont porté les mêmes sappes et servi les mêmes shlag au point que NOS (Nabil) dise « J’suis plus Tarik que Nabil ».

Tarik et Nabil sont restés fidèles à leurs valeurs, des hommes simples qui ne se laissent pas trahir par la gloire ni la tentation pour se détacher de l’artificiel au profit du naturel et de la passion. L’authenticité est un bien grand mot, effectivement, elle ne cède pas à la tentation mais lui inflige le respect. L’authenticité, c’est de là que l’homme puise sa plus grande force. C’est deux frères partis de rien, ou presque, qui font de la musique en totale indépendance, qui font leurs clips avec leurs proches et qui rentrent dans la légende.

Dimitri Mazin

Enjoy & stay tuned.

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