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LAYLOW à Bercy : l’histoire d’un rêve

Il est difficile de retracer l’expansion spectaculaire de LAYLOW. S’il y a encore deux ans, nos prédécesseurs à Start It lui offrait sa première scène à Bordeaux, le rappeur peut désormais se permettre de booker l’AccorHotels Arena pour ses deux concerts uniques. Un exploit qui s’explique par deux années où l’artiste a conçu deux albums concepts aux univers distincts. Une prouesse qui l’a propulsé au rang de star du rap français. C’est donc dans ce cadre que l’équipe de Start It s’est rendue aux deux dates symboliques de Jey.

Vers 17h30, les abords de l’AccorHotels Arena présentaient déjà des centaines de mètres de file d’attente. De nombreux fans trépignaient d’impatience avant l’un des plus gros concerts de rap de ce début d’année. Après quelques heures d’attente, on pouvait accéder à la salle parisienne. Très rapidement, les gradins et la fosse se remplissent et le concert semble pouvoir commencer. Pourtant, à 20h, alors que la salle annonçait la venue d’un mystérieux DJ Piano, le public n’a assisté qu’à la diffusion d’une playlist de musiques classiques pendant 30 minutes interrompue par un interlude d’hommage à Népal avant l’annonce d’un entracte. À cet instant, les 18 000 personnes composant le public semblent être partagé entre émotion, excitation et impatience. Cependant, vers 21h les lumières s’éteignent, le rideau tombe et des cris commencent à être lancés : le concert peut enfin débuter.

Crédits : @roxanepeyronnenc

De Stuntman à showman

Sur scène, on peut observer la maison présente dans le mini-film de promotion de l’album « L’étrange histoire de Mr. Anderson », sa maison, stylisée à la manière de Tim Burton. Le concert est lancé avec ‘Un rêve étrange’ et ‘IVERSON’ issus du même album. Le public n’arrive plus à se contenir et chante à tue-tête les paroles. Sur scène, la neige tombe et recouvre le rappeur qui a depuis obtenu sa doudoune North Face. Il enchaîne avec un medley de morceaux de « .RAW-Z », son EP sorti en 2018. À cet instant, les fans sont déjà au comble de l’excitation. Pourtant, le rappeur semble encore avoir des surprises de prévues. À l’entente des premières notes de ‘R9R-LINE’, la foule devient hystérique. Damso fait son apparition et assure une performance à la hauteur du morceau.

Le public n’a que très peu de temps pour se remettre alors que le rappeur enchaîne avec les deux parties de ‘WINDOW SHOPPER’ où il est rejoint par Hamza pour la deuxième date. Le public n’a plus le temps de se reposer alors que LAYLOW fait appel à « ses Avengers », Alpha Wann et Wit. pour interpréter ‘STUNTMEN’ et ‘VAMONOS’. La température est déjà bien montée dans la salle, mais il en remet une couche avec ‘VOIR LE MONDE BRÛLER’. Sur scène, sa maison d’enfance prend feu au fur et à mesure que la chanson avance. Des pompiers interviennent pour mettre fin au feu alors que le rappeur commence à exploiter les morceaux de son projet précédent : « TRINITY ».

Quand l’univers prend vie

Depuis le début du concert, danseurs et décors se succèdent pour offrir au public une performance pluridisciplinaire. Bien évidemment, la narration de Mr. Anderson articule le concert autour de l’univers créé autour du dernier album. Pourtant, LAYLOW a quand même tenu à faire prendre vie au concept créé pour son album sorti en période de Covid : le logiciel TRINITY. Il se présente sous la forme d’une intelligence artificielle avec laquelle Jey peut alors interagir en live. Il y fait appel pour sa performance de ‘PLUG’ avec Jok’Air le 13 mars, mais aussi pour celle de ‘MEGATRON’ où il demande à TRINITY de mettre le mode violence.

La foule ne se fait pas prier et enchaîne les pogos tout en criant. À la fin du morceau, le rappeur décide de rejoindre la plateforme au milieu de la salle pour un medley de chansons plus émotionnelles. Pour ‘MILLION FLOWERZ’, il est illuminé d’une lumière rouge alors que des centaines de pétales de fleurs tombent depuis le plafond de Bercy.

Crédits : @Axxlskz

Finalement, le rappeur rejoint la scène principale où il retrouve un décor doté de simples escaliers. Il demande au public de faire du bruit pour son nouvel invité alors que les premières notes de ‘SPÉCIAL’ commencent à être jouées. Nekfeu arrive sur scène et provoque l’hystérie générale.

De concert à pièce de théâtre

Alors que Nekfeu remercie LAYLOW de l’avoir invité, les décors ne bougent pas mais certains danseurs semblent avoir de nouvelles tenues. La chanson ‘LOST FOREST’ commence et le public commence vite à réaliser qu’il ne s’agit plus d’une simple performance de rap mais bien d’une réalisation théâtrale. Le morceau est particulièrement éloquent puisqu’il met en relief des violences policières et en particulier la notion de pression psychologique que ‘les autorités’ peuvent exercer sur des communautés. Au fur et à mesure, le stress monte. Des policiers armés pointent leurs armes sur LAYLOW. Le public ressent la pression qui monte au même rythme que ce dernier monte les escaliers présents sur scène avant de vivre l’inévitable : le meurtre de LAYLOW sur scène qui s’effondre derrière les escaliers. L’écran géant s’allume alors pour rendre hommage aux victimes de violence policière.

Un rêve devenu histoire

Le rappeur revient alors sur scène dans un décor rappelant un paradis de Grèce Antique. Un ange noir l’accompagne sur ‘FALLEN ANGELS’ pour interpréter un solo de danse. Il interprète ensuite ’ 10’ ‘ pour le plus grand bonheur de nombreux fans qui l’ont découvert avec ce morceau issu de l’EP « Mercy ». Avant d’enchaîner avec le dernier morceau de la première soirée, le rappeur tient à adresser quelques mots à son public. C’est avec beaucoup d’émotions qu’il observe la salle et exprime sa gratitude pour ce qu’il lui arrive. Il explique « quand on disait Bercy, c’était complètement impossible… même faire un disque d’or, c’était impossible ». Il remercie la foule d’avoir cru en lui et répète à tout le monde de croire en leurs rêves jusqu’au bout.

L’outro « UNE HISTOIRE ÉTRANGE » se lance et un piano et des lustres descendent sur scène. Le pianiste Sofiane Pamart accompagne le rappeur au cours de la deuxième date du concert. Dans la salle, l’émotion ressentie autant par l’artiste que par le public est palpable. Le morceau se termine sur les mots de Mr. Anderson : « c’est pas la fin qui compte, c’est le chemin à la clé. Ton chemin, c’est ton histoire. ». Pour le 11 mars, la performance s’arrête sur un LAYLOW au bord des larmes tant l’émotion est grande. Pour le 13 mars, le public bénéficie de quelques morceaux supplémentaires dans l’excitation du moment où le rappeur retourne sur la plateforme au centre de la salle. Il termine par évoquer son retour avec un nouvel album.

Enfin, les 18 000 personnes quittent le concert autour de 23h mais un détail intrigue. Sur les écrans, le message « NO MERCH. AOD IS COMING » est diffusé. AOD est très rapidement déterminé en tant que « AGE OF DIGITAL » comme l’expression est apparue plusieurs fois sur les décors. De plus, les habits portés par le rappeur portent également les mystérieuses initiales comme sur cette photo de LAYLOW avec Mathilda. Affaire à suivre…

Croire en ses rêves

Pour résumer cette double performance, cela représente surtout l’histoire d’une consécration. LAYLOW a connu en deux ans une ascension phénoménale que lui-même n’arrive pas à suivre. Il a su développer un univers qui lui est propre et tourné vers le digital pendant une période où le digital s’imposait en maître. Aujourd’hui, il est parvenu à remplir une des salles françaises les plus emblématiques à deux reprises. Et ce succès, il a su prouver qu’il l’a mérité en proposant une performance pluridisciplinaire mêlant rap, scénographie artistique, danse et théâtre. Aussi, le respect porté par les artistes qu’il a invités montre qu’il n’a désormais plus grand-chose à leur envier. Ces concerts, c’étaient l’histoire d’un rêve qui est devenu réalité. Maintenant, l’artiste nous donne envie de rêver à notre tour et de tout donner pour les réaliser.

Enjoy & Stay Tuned.

Augustin, Mathilda, Samy & Émilie.

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