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P-FUNK (pt.2)

Du Funk cosmique au rap West Coast – G-Funk : l’héritier du groove stellaire (Pt.2)

Dans la première partie de cette série, on a suivi George Clinton et les Parliament-Funkadelic traverser l’espace en vaisseaux spatiaux, armés de groove psychédéliques. Le P-Funk c’était une galaxie, une musique qui venait littéralement d’ailleurs.

IntroFunktion : De la soucoupe volante aux plages californiennes.

Tous les OVNIs finissent par se rapprocher de la Terre. Et c’est depuis les rues de Compton en Californie qu’une nouvelle génération va se réapproprier ce groove qui avait perdu en vitesse dans les années 80. On est au tournant des années 90, le rap West Coast existe déjà, porté par des pionniers comme Too Short ou Ice-T. Mais un son nouveau émerge peu à peu. Il est plus lent, plus solaire. Ce son c’est le G-Funk, et il va redéfinir le rap West Coast.

Qu’est-ce que le G-Funk ? 

G-Funk : deux mots, une révolution sonore. Le « G » renvoie à « gangsta », en référence au gangsta rap qui domine la scène West Coast de cette époque. Le « Funk », lui, vous commencez à le connaître !

Musicalement, le G-Funk se reconnaît d’abord par sa basse lente et mélodieuse. Elle impose un rebond hypnotique qui sent la chaleur du soleil californien. Le tempo est compris entre 80 et 100 BPM, donnant de l’espace à la voix. Viennent ensuite les synthétiseurs. Pour les basses qui sont souvent analogiques, la référence est le Minimoog. On retrouve également des nappes planantes, mais surtout les whine leads au synthé. Il s’agit de ce son aigu et oscillant qui est la patte sonore du G-Funk. À ce titre, on pense immédiatement à l’intro du Nuthin But A G Thang de Dr.Dre ou encore You Know How We Do It de Ice Cube. Pour finir notre recette il ne nous manque plus que les samples, qui sont l’identité du genre, et bien sûr le vibraslap, le son de ressort typique du G-Funk . Vous l’avez surement deviné, le G-Funk puise massivement dans le funk des années 70, et en particulier le P-Funk. 

Dr Dre – Nuthin’ But A “G” Thang

Le P-Funk, bande-son d’une génération.

Avant de parler des artistes, il faut comprendre pourquoi le P-Funk a résonné si fort à Los Angeles. Parliament et Funkadelic sont nés sur la côte Est mais leurs disques ont tapissé l’enfance des futurs créateurs du G-Funk. Et quand il commence à perdre de la vitesse dans les années 80, ces enfants-là ont grandi. Ils ont de quoi sampler et vont utiliser cette technologie pour refaire sonner aujourd’hui ce groove qui les a bercés.
Le G-Funk n’est pas une rupture, mais une réappropriation. Les samples ne sont pas de simples emprunts, ce sont des citations, presque des gestes affectifs. C’est le cas de Mothership Connection dans Let Me Ride ou des gimmicks de Atomic Dog et Give up the funk dans Who Am I? (What’s My Name?) de Snoop Dogg. Quand on connaît les morceaux originaux, ces samples sonnent moins comme des emprunts que comme des clins d’œil. En voici un exemple :

Parliament – Mothership Connection
Dr Dre – Let me ride

(PS: Dans le clip, on retrouve des extraits du concert que je vous ai recommandé dans l’article sur le P-Funk !)

Les architectes du G-Funk.

Si le G-Funk devait avoir un visage, ce serait évidemment celui de Dr.Dre. C’est lui qui, avec The Chronic (1992) incarne le mieux cet univers. Chaque production reprend la recette du G-Funk et le disque s’impose immédiatement comme une référence. Au talent de Dr.Dre vient s’ajouter la voix de Snoop Dogg, dont le flow nonchalant épouse parfaitement le groove de la basse. Impossible de ne pas citer Doggystyle (1993) qui est son premier album et un des plus grands classiques du G-Funk. 

Snoop Dogg – Who Am I (What’s My Name)?

Dans cet univers on retrouve également le côté plus mélancolique de Warren G et Nate Dogg sur le classique Regulate ou encore l’intensité de 2Pac comme sur California Love

2Pac ft. Dr. Dre – California Love

Conclusion.

Le G-Funk c’est un groove venu des étoiles qui est venu se poser sous le soleil californien. En prenant racine dans le P-Funk le rap West Coast s’est diversifié, mais Dr.Dre et ses contemporains n’ont pas seulement créé un nouveau son, ils ont prouvé que le funk sait se réinventer sans jamais renier ses racines.
Et si l’histoire se répétait ? Une nouvelle génération d’artistes a grandi au son de The Chronic ou Doggystyle, comme Dre avait grandi au son de Parliament-Funkadelic. On attend de voir quel sera leur véhicule. 

Ma recommandation : 

Snoop Dogg – Gz and hustlas

Merci de m’avoir suivi dans ce voyage du P-Funk au G-Funk. 

J’espère vous avoir transmis un petit bout de ma passion.

Florent Barbry-Delaunay

FIN

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