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Earth Wind and Fire ou l’art de composer l’intemporel

Groupe mythique de la période fin 70 début 80, Earth Wind and Fire (EWF pour les intimes) aura su marquer le 4ème art grâce à une recette hors norme, au moins aussi convoitée et respectée que celle du Coca-Cola et du Big Mac réunies (ce sera tout pour les digressions, ne vous inquiétez pas…). Évoluant aux côtés d’artistes de renom, dont certains comme Stevie Wonder, Kool and the Gang ou encore James Brown pourraient revendiquer les seventies pour eux seuls. EWF est parvenu à se distinguer par une approche orchestrale de la funk, chargée d’influences diverses et sublimée à merveille par la virtuosité lyrique et vocale de ses chanteurs. Le groupe est plébiscité aussi bien par les néophytes que par les audiophiles chevronnés et autres jazzmen des plus exigeants. Dés lors, c’est donc, non sans quelques appréhensions que Start It nous propose de revenir sur la carrière d’un monstre de musique.

Naissance et Balbutiements

De faite, l’histoire de EWF est indissociable de celle de son leader Maurice White, véritable clé de voûte de la formation dont il est à l’origine en 1969 et qu’il accompagnera jusqu’en 1994 à la suite de quoi, la maladie de Parkinson l’obligera à écourter son aventure avec le groupe. Originaire de Chicago dans l’Illinois, batteur de formation, il faisait partie du Ramsey Lewis Trio (groupe éponyme d’un fameux pianiste dont on aura l’occasion de reparler plus tard) avant de créer à la brune des années 60 aux côtés de deux de ses amis le groupe “The Salty Peppers” qui deviendra rapidement “Earth Wind and Fire“. Ce nom, aux allusions astrologiques se veut être une invitation à la spiritualité et à l’émotion à l’attention de la jeunesse. Cette identité particulière amènera d’ailleurs Maurice White a changer les membres du groupe afin qu’ils soient plus en adéquation avec celle-ci. C’est ainsi que la formation se verra rejoindre notamment par Verdine White, bassiste et frère de Maurice White, et Philip Bailey, percussionniste et remarquable interprète qui peut chanter en falsetto. Toutefois, avant le remaniement de la bande, le groupe esquisse une première étape dans leur carrière en participant à la bande son du film ‘Sweet Sweetback’s Badasssss Song’ sorti en 1971. Ce long-métrage d’action, suscitera, de part son caractère provocateur et subversif, nombre de réactions partagés qui le verra même être classé X par Hollywood. Il reste néanmoins considéré comme un classique de la blaxploitation ( le cinéma destiné aux Afro-américains, remarqué pour la qualité de leurs bandes originales composées entre autre par Isaac Hayes ou encore Curtis Mayfield).

Aparté faite, revenons-en à notre bande nouvellement reconfiguré. Ça y est, maintenant que EWF a trouvé ses interprètes, il ne lui manque plus qu’à affirmer son style; un jazz-funk soigné et sophistiqué situé aux confluants des côtes africaines, latines et caribéennes. À partir de 1974, le groupe s’attache les services d’un certain Charles Stepney afin de rendre leur proposition plus “musicale et dansante” dans le but de s’adresser à un public plus large. Le fruit de leur collaboration s’exprimera sur le cinquième album du groupe : Open our eyes, sorti la même année. Cet opus se classera 1er au Top soul des Billboard et 15ème au Top pop du même organisme (ce qui dénote soit dit en passant de l’engouement suscité par le groupe). Mais à présent, assez parler, place à la musique …

Pépite bonus réalisé en collaboration avec Ramsey Lewis en 1974

Consécration

Pendant la première moitié des années 70 le groupe suit un rythme de popularité régulier mais encore relativement d’arrière plan. C’est véritablement à partir de 1975 que la bande de Chicago va commencer à tutoyer les sommets. En effet, le 15 mars de la même année sort leur sixième album “That’s the way of the world“, l’opus qui va les propulser sur le devant de la scène mondiale. C’est simple, ce projet se classera dés sa sortie à la première place du top pop des billboard, une place traditionnellement détenue par des artistes blancs. Le mantra de Maurice White, à savoir dépasser les clivages s’est réalisé et le groupe trône désormais au sommet de l’industrie. De là, EWF, soucieux d’être à la pointe aussi bien par le fond que la forme s’exprimera à la pleine mesure de leur ambition : shows grandioses ou la pyrotechnie est de mise, concerts géants dans des stades, looks et tenues sur-mesure confectionné par Bill Whitter, chorégraphies soignés et même prestidigitations. Bref, plus rien ne les arrête. Les albums s’enchaînent et le succès n’en démord pas, Spirit (1976, le nom de l’album est à hommage à Charles Stepney, mort l’année précédente), All’n’All (1977), I am (1978, leur chef-d’oeuvre, avec lequel ils rempliront Wembley cinq soirs de suite) et Faces (1980). C’est à cette période que seront composés les hits légendaires du groupe comme “Let’s groove“, “Boogie Wonderland” (en collaboration avec le groupe The Emotions), ou encore le mythique “September” (fun fact: ce morceau sorti en 1978, est issue d’un album Best of sorti en 1978). Mais, si vous le voulez bien, retraçons cette même période non pas avec des mots mais de la musique …

Second bonus, une interlude qui montre la richesse du répertoire d’influences du groupe

Déclin et Renaissance

Au début des années 80, le groupe est en proie à des majors véreuses qui l’oriente vers des productions plus bankable, ce qui à pour effet de précipiter la chute du groupe qui se séparent en 1984. Maurice White, le leader est épuisé des tournées à répétitions et souhaite se retirer. Durant cette période, le génie n’en est pas pour autant totalement affecté et quelques pépites voient tout de même le jour. Je vous laisse en juger par vous même…

Cependant, ce n’est pas le clap de fin pour EWF qui est reformé en 1987 sous l’impulsion de Phil Collins (chanteur des Genesis est fan du groupe). L’aventure continue, le groupe est relancé, néanmoins les sorties se font plus espacées, et le succès n’est plus vraiment au rendez-vous, la funk est ses dérivées étant quelque peu passé de mode à cette époque. En 1994, Maurice White atteint de la maladie de Parkinson se voit contraint de quitter le groupe. Il continuera néanmoins d’intervenir dans la composition des opus qui suivront. Il s’éteindra en 2016 des suites de sa maladie (par ailleurs, si sa vie vous intéresse une autobiographie est sortie l’année de son décès). Enfin en ce qui concerne EWF, le groupe continue de se produire sur scène même s’il a subi de nombreux remaniements. Il jouait par exemple au Palais des Congrès en 2018 à Paris

Héritage

Comme vous pouvez vous en doutez, EWF laisse derrière leurs années de gloire un patrimoine considérable qui ne considère que peu d’égales. Leurs hits (inter)planétaires feront la renommée de nombreux DJs house et l’art de mélanger les influences se fera le credo de nombreux artistes qui suivirent. Enfin, leur style vestimentaire atypique participera à inscrire encore davantage l’imagerie extravagante des seventies dans l’inconscient collectif. Bref, un groupe d’une qualité rare dont on a bien du mal à dépasser aujourd’hui (mon père a écrit cette phrase…)

Enjoy and stay tuned

Mendossa Picard

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