Revival, le dernier né de Marshall Mathers, aka Eminem était sans aucun doute LA cible des plus grosses attentes musicales de cette fin d’année.

En effet, après avoir rythmé une grande partie de notre adolescence et nous avoir laissé 4 ans sans album, Eminem se devait de faire un retour fracassant. Mais depuis la sortie de Revival, c’est un constat mitigé qui émane de la plupart des fans.

Après de multiples écoutes, nous allons donc essayer de regrouper et comprendre les (justes) critiques qui ont pu vous laisser une mauvaise impression de l’album.

  • Ce n’est plus du Slim Shady

Oui, mais est-ce une mauvaise chose pour Eminem? Personnage adulé par les fans, se distinguant par un humour souvent trash, Slim Shady servait également à Eminem à prendre de la hauteur sur ses problèmes. Or l’artiste et l’homme ont tout les deux évolué, et difficile aujourd’hui de s’imaginer un Eminem plus sage chanter “And I’m jerking, but this whole bag of Viagra isn’t working“.

  • Les (nombreux) featurings sont douteux

Sur le papier, il y avait de quoi s’inquiéter, et si en effet les featuring ne sont pas les morceaux les plus marquants de l’album, la majorité restent seulement des voix sur les refrains. Et pour cela, Skylar Grey, Khelani, Pink, Alicia Keys, X Ambassadors et Beyoncé font un travail difficilement critiquable. Un featuring avec Ed Sheeran qui servira de promo pour l’album, et un Phresher utilisant le mumble rap pour caricaturer le rap américain actuel complètent la liste : pas de collaboration de rêve, mais pas de forcing inutile non plus.

 

  • L’album manque de réel hip-hop

Une des critiques revenant, à raison, le plus souvent dans la bouche des fans de longue date.

Et en effet, chacun aura été surpris par la direction prise par Eminem dans le choix des instrus, sachant que l’artiste a effectué un total de 40 morceaux pour en garder seulement le meilleur. L’album regroupe des sonorités allant majoritairement de la pop au rock, en passant par la trap, et au final peu de titres 100% hip-hop comme on avait pu s’y habituer dans les albums précédents.

Même en appréciant le “rock-rap”, la trap, ou les signatures plus pop, on espère que les morceaux composés par Dr Dre  (qui n’a pas produit de titre sur l’album) teasés par Eminem en interviews, sauront nous faire retrouver les sonorités sur lesquelles nous avons découvert le Rap God.

En résumé, avec l’attente liée à sa sortie, il était évident que Revival allait provoquer des réactions à chaud. Et en effet, tout le monde s’accorde à dire qu’il ne fera surement pas parti des meilleurs albums d’Eminem.

Cependant, le flow est intact et toujours efficace (se reporter notamment à toute la fin d’Offended), les instrus bien que moins hip-hop restent extrêmement bonnes, et les lyrics à la hauteur de ce qu’ils ont toujours été ( Personne n’aimerais être Donald Trump quand Eminem décide de l’attaquer).

Et si, au final, il suffisait de concevoir l’album comme venant de la part d’un artiste n’ayant plus rien à prouver, et cherchant juste…à se faire plaisir ?

 

Par Matthieu Le Goff