C’est dans la toute petite salle de l’Antirouille à Talence qu’on se retrouvait vendredi dernier, le 22 novembre, pour célébrer la performance de Johnny Mafia et de NASTYJOE. Originaire de Sens, Johnny Mafia est un groupe français et moderne de Rock Garage formé par quatre jeunes musiciens nés dans les années 90. NASTYJOE, quant à eux, viennent de beaucoup moins loin puisque le groupe est en réalité Bordelais. Ces derniers jouent également un Rock énergique/psyché aux influences anglo-saxonnes.

Il est 21h quand le groupe NASTYJOE monte sur scène pour un set d’une heure qui va s’avérer explosif. Le public n’est pas nombreux mais on sait reconnaître les vrais fans de Rock venus secouer de la tête sur leur musique. C’est sur un fond de bruits saturés que les quatre bordelais débutent le concert par leur premier morceau. À la suite de celui-ci, ils demandent au public de se rapprocher pour plus d’intimité, et surtout parce « qu’ils ne mordent pas ». Robin, François, Nicolas et Bastien sont très forts pour emporter le public avec eux ; public qui secoue déjà de plus en plus leurs nuques, et commence même à taper frénétiquement du pied. La rythmique est endiablée, les guitares saturées et la voix de Robin Rauner nous fait l’effet d’une grenade. L’intimité du concert se renforce quand le frontman commence à tutoyer la foule (où nombreux de leurs amis sont présents). Le groupe a sorti son premier EP « Wann ist Nastyjoe ? » le 14 juin dernier, et on se fait à cœur joie de découvrir leurs morceaux en live. On assiste alors à la prestation de « Wandering Faces », « Carousel », « Blood and Joy », et « Tired », mais également de nouveaux morceaux plus récents comme « Silence and Noise » sorti en septembre dernier. On peut ressentir les influences du Punk jusqu’au bout de nos orteils qui ne peuvent s’empêcher de se remuer. Les bordelais sont extrêmement reconnaissants et lâchent un « merci à toi qui est venu ce soir, on te fait des bisous » avant de terminer le show avec leur dernière chanson. L’ambiance est chaleureuse, intime, et on est heureux d’être là dans la petite salle de Rock & Chanson. « Merci l’Antirouille, merci à toi qui cries » seront les derniers mots du groupe qui quitte la scène pour laisser place à la tête d’affiche de cette soirée, j’ai nommé Johnny Mafia.

C’est à 22h20, 20 minutes de battement plus tard, que l’on se retrouve devant la scène, un verre de bière à la main pour voir la prestation tant attendue des français de Johnny Mafia. Le groupe débute par leur morceau « Eyeball » qui pose le décor de la soirée : du Rock Psyché énervé et virevoltant tout droit sorti d’un bunker. Tout au long de la soirée, le groupe va alterner entre des morceaux de ses deux albums : « Michel Michel Michel » sorti en 2016, et « Princes de l’amour » sorti en 2018 sur le label anglais Dirty Water Records. On aura donc le droit de voir en live des morceaux comme « Feel Time Feel Fine », « Smell », « A.C.O », ou encore « Sleeping ». Le Rock’n’Roll n’est pas mort, et les français vont bien nous le faire comprendre ce soir-là. Les musiciens se donnent à fond dans leur performance, comme possédés par leur propre musique, jetant tour à tour des grimaces, des yeux convulsés ou des langues tirées à la foule. Mesdames et Messieurs, l’héritage de grands groupes comme les Ramones est bien là, vivant, devant nos yeux ébahis et nos oreilles grandes ouvertes.

Et qui aurait cru que les plus grands fans du groupe ce soir-là auraient été leur première partie : les NASTYJOE. En effet, les bordelais sont en front row, hurlent les paroles et finissent même par lancer des pogos sur « Black Shoes » dans la petite salle de l’Antirouille. Le batteur de ces derniers (François Garcia) ira même jusqu’à se jeter dans la foule en stage diving. C’est ça le Rock aujourd’hui, et on en est ravi. La foule est intergénérationnelle, mais le Rock ça rassemble, et on festoie tous ensemble gaiement en tapant du pied et en secouant de la tête. NASTYJOE avait eu un petit souci de batterie pendant leur show, malédiction qui se répète avec Johnny Mafia, mais l’incident fait rire le public. À un moment donné, le micro du guitariste tombe et c’est un membre de NASTYJOE qui va venir l’aider à le remettre. C’est ça aussi le Rock : de la solidarité. C’est déjà la dernière chanson, et le groupe achève leur performance éruptive en beauté, avant de descendre de scène pour eux aussi festoyer la soirée à coup de chopes de bière.

Finalement, on rentre chez soi, heureux d’avoir passé une telle soirée et de s’être pris une grande claque de ce qu’était vraiment le Rock.

Enjoy & Stay Tuned.

Mélina